Une donation qui préserve la mémoire d’un lieu mythique

La Bibliothèque nationale de France (BnF) a récemment accueilli un ensemble documentaire exceptionnel retraçant la carrière de Michou, dont le cabaret situé au pied de la butte Montmartre a marqué la vie nocturne parisienne pendant près de sept décennies. Ce fonds, comprenant plusieurs milliers de pièces, a été légué par les ayants droit du célèbre animateur, disparu en 2020.

Contenu du fonds : des costumes aux papiers personnels

Parmi les éléments versés à la BnF figurent des costumes de scène flamboyants, des affiches de spectacles, des photographies devenues iconiques, ainsi que des programmes et de la correspondance. La période couverte s’étend des années 1940 jusqu’en 2020, offrant ainsi un panorama complet de la vie et de l’œuvre de celui qui fut surnommé « le prince bleu de Montmartre ». Les archives comprennent également des documents relatifs à la gestion du cabaret, des croquis de costumes et des maquettes de décors.

Une figure incontournable du music-hall

Né en 1931, Michou — de son vrai nom Michel Catty — a ouvert son cabaret en 1956, rue des Martyrs, dans le 18e arrondissement de Paris. Son établissement, connu pour ses spectacles de transformisme et ses artistes surnommés « les Michettes », a accueilli un public international et des célébrités. Pendant des décennies, il a incarné un certain art de vivre parisien, mêlant extravagance, humour et tradition du music-hall. La BnF souligne que cette acquisition permet de documenter un pan essentiel de la culture populaire et du spectacle vivant en France.

Un intérêt patrimonial et historique

L’intégration de ces archives dans les collections nationales répond à une volonté de sauvegarde et de valorisation d’un patrimoine souvent éphémère. Les chercheurs et le grand public pourront, à terme, consulter ces documents, qui témoignent de l’évolution des arts du spectacle et des transformations du quartier de Montmartre depuis l’après-guerre. Le fonds devrait également faire l’objet d’une exposition dans les années à venir.

Une reconnaissance institutionnelle

Cette donation s’inscrit dans le cadre d’une politique de collecte de la BnF visant à enrichir ses fonds sur l’histoire du spectacle et de la vie culturelle parisienne. Elle rejoint d’autres ensembles consacrés à des figures majeures du music-hall et du cabaret, contribuant ainsi à la constitution d’une mémoire collective du divertissement. Les responsables de la BnF ont salué « un geste remarquable qui permettra de conserver et de transmettre aux générations futures l’héritage d’un artiste et d’un lieu qui ont tant compté dans l’histoire culturelle de la capitale ».