Les groupes écologistes de la région Auvergne-Rhône-Alpes ont officiellement saisi la justice, accusant Laurent Wauquiez d'exercer une « présidence de fait » et de détourner des fonds publics. L'annonce a été faite mercredi 24 juin par les élus, qui affirment que l'ancien président de région, officiellement remplacé en juillet 2024, continue de diriger l'institution en coulisses.
Des accusations fondées sur un audit public
Dans leur recours, les écologistes s'appuient sur un rapport de la chambre régionale des comptes, qui aurait mis en lumière des « irrégularités » et une « confusion des genres » dans l'utilisation des moyens régionaux. Selon ce document, des ressources – incluant du personnel, des véhicules et des bureaux – auraient été mobilisées au profit de Laurent Wauquiez et de son équipe après son départ officiel. Les élus dénoncent une situation où « il exerce tous les jours une présidence de fait de la région », une formulation reprise dans leur plainte.
Une plainte pour détournement de fonds publics
La saisine de la justice vise plusieurs infractions présumées, dont le détournement de fonds publics. Les écologistes estiment que l'ancien président a continué à utiliser les avantages liés à sa fonction sans en avoir le titre, ce qui constitue, selon eux, une violation des règles de déontologie et de gestion publique. Ils demandent à la justice d'établir si des fonds régionaux ont été détournés à des fins personnelles ou politiques.
Une opposition politique qui s'organise
Cette action judiciaire s'inscrit dans un contexte de tensions politiques régionales. Laurent Wauquiez, figure des Républicains, avait quitté la présidence de la région en juillet 2024 pour se consacrer à d'autres fonctions, mais les écologistes assurent qu'il n'a jamais réellement cessé d'influencer les décisions. Le groupe écologiste au conseil régional, qui avait déjà dénoncé à plusieurs reprises ce qu'il appelle une « opacité » dans la gestion de l'institution, espère que cette plainte permettra de faire la lumière sur les pratiques.
Des précédents et une procédure en cours
La chambre régionale des comptes, dont le rapport a servi de base à la plainte, avait déjà épinglé par le passé la gestion de la région sous Laurent Wauquiez. Ce nouveau volet judiciaire pourrait déboucher sur une enquête approfondie, même si aucune information n'a encore filtré sur la suite qui sera donnée par le parquet. Les écologistes, de leur côté, affirment vouloir « défendre l'intérêt général et la transparence ».
Contacté par nos confrères, l'entourage de Laurent Wauquiez n'a pas répondu dans l'immédiat aux sollicitations. L'ancien président de région n'a pour l'heure pas réagi publiquement à ces accusations.