Depuis la mi-juin, un jeune garçon âgé de 14 ans, prénommé Hamza F., est au centre d’une série de vidéos tournées aux abords du canal Saint-Martin, dans les 10ᵉ et 11ᵉ arrondissements de Paris. Surnommé «La Douane», l’adolescent s’y met en scène dans des actes d’incivilité et de provocation qu’il diffuse lui-même sur le réseau social Snapchat.

Parmi les faits qui lui sont attribués, plusieurs ont été immortalisés par la caméra d’un téléphone. Le 25 juin, des agents de police tentent de l’interpeller près du canal. Après être monté de lui-même dans le véhicule, il ouvre la portière arrière et s’enfuit en sautant dans l’eau. Quelques jours plus tôt, il avait été filmé en train d’asperger des policiers municipaux avec un pistolet à eau, après que ceux-ci lui eurent interdit l’accès à un pont.

Dans une autre séquence, l’adolescent installe un faux poste de péage avec plusieurs complices. Il réclame deux euros aux cyclistes et automobilistes pour les laisser passer, menaçant d’arroser ceux qui refusent de payer. «Les douaniers laissent passer les gens en échange d’argent. Moi je fais pareil avec les vélos», explique-t-il pour justifier son surnom. Il est également filmé en train de dérober une bouteille dans une épicerie pendant qu’un complice fait diversion, de pousser des jeunes femmes dans le canal, d’agripper le pied d’un baigneur, de poursuivre des cyclistes avec un bâton ou encore de transporter une chaise prise à une brasserie à l’aide d’une trottinette.

Le 16 juin, Hamza F. croise Emmanuel Grégoire, venu annoncer l’ouverture de la baignade dans le canal, et lui demande d’annuler une amende qu’il a reçue pour baignade interdite. L’adolescent, né en Espagne en 2012 selon une source proche de l’enquête, est déjà connu des services de police. Il aurait été impliqué dans une dizaine de faits depuis juin 2025. Placé à plusieurs reprises en garde à vue, notamment le 27 juin pour des «faits de violences en réunion et dégradations», il ironise le lendemain face à la caméra sur son passage au commissariat, déclarant : «Il y avait la clim.»

La diffusion massive de ses vidéos sur les réseaux sociaux a provoqué des réactions contrastées. Certains internautes tournent la situation en dérision, tandis que d’autres expriment leur inquiétude. «Il vole, il agresse. Imaginez quand il en aura 16», commente l’un d’eux. Parallèlement, plusieurs voix se sont élevées pour dénoncer ce qu’elles considèrent comme une surexposition médiatique. Certains observateurs estiment que la couverture médiatique du cas de cet enfant, notamment par des chaînes d’information en continu et des titres de presse qualifiés de radicalisés, pourrait le stigmatiser ou le mettre en danger. «Quand on met une cible dans le dos d’un enfant de 14 ans, on franchit une ligne», résume un éditorialiste, qui critique le procédé consistant à faire de ce mineur une «terreur» publique.

Les riverains du canal Saint-Martin, pour leur part, font part de leur exaspération face à la répétition de ces incivilités. «C’est très compliqué à gérer», confient plusieurs habitants, qui disent craindre une escalade si aucune mesure éducative ou judiciaire durable n’est prise. Les autorités locales n’ont pas communiqué officiellement sur les suites réservées à cette affaire depuis la dernière garde à vue de l’adolescent.