Un sauvetage in extremis à 400 km d’altitude

Désigné en juin 2026 comme premier Européen à occuper le poste de pilote pour la mission Artémis III, l’astronaute italien Luca Parmitano avait déjà vécu l’une des situations les plus critiques jamais survenues lors d’une sortie extravéhiculaire. Le 16 juillet 2013, alors qu’il évoluait dans le vide spatial pour une maintenance de la Station spatiale internationale (ISS), un incident technique a failli lui coûter la vie.

Une fuite d’eau s’est déclarée dans son casque. L’eau s’est accumulée dans le système de communication, puis a formé une bulle qui a recouvert son nez et sa bouche, entravant sa respiration et sa vision. L’astronaute n’a pas pu rétablir la communication avec le centre de contrôle, tandis que le liquide envahissait également ses yeux et ses oreilles. Seul et sans possibilité de se nettoyer, il a dû mettre fin prématurément à la sortie.

Une évacuation sous tension

Le retour au sas de l’ISS, normalement rapide, a été ralenti par la perte de visibilité de Parmitano. Ses collègues à l’intérieur de la station, notamment l’astronaute américain Chris Cassidy, ont assuré la coordination pour le guider. Une fois le sas refermé et la pressurisation rétablie, les équipiers ont retiré le casque de l’Italien : plusieurs centaines de millilitres d’eau se sont déversés. L’astronaute a pu être mis en sécurité et a survécu sans séquelles.

Une enquête et des leçons pour la NASA

L’enquête technique a montré que la contamination de l’eau par un agent de nettoyage avait bouché un évent du système de refroidissement de la combinaison spatiale. Le défaut provenait d’un dysfonctionnement du système de contrôle de la température, qui a pompé de l’eau dans le circuit de communication au lieu de la refroidir. La NASA a par la suite modifié les procédures et les équipements pour éviter qu’un tel incident ne se reproduise.

Un pilote aguerri pour la Lune

Malgré cette expérience traumatisante, Luca Parmitano, né en 1976 et pilote d’essai de formation, a poursuivi sa carrière spatiale. Il a notamment accumulé plus de 200 jours en orbite et effectué plusieurs sorties spatiales. Sa sélection comme pilote d’Artémis III – mission qui doit ramener des humains sur la Lune pour la première fois depuis Apollo 17 – repose sur cette expérience éprouvée dans des conditions extrêmes. Il devient ainsi le premier non-Américain à occuper ce rôle clé dans le programme lunaire américain.

Un précédent rappelé en amont du grand départ

Le récit de cette avarie de 2013 revient aujourd’hui sur le devant de l’actualité à l’occasion de l’annonce officielle de son poste au sein de l’équipage. Pour les observateurs, cet épisode illustre la résilience et le sang-froid nécessaires aux astronautes engagés dans des missions d’exploration lointaine, où les risques techniques restent élevés.