L'Agence spatiale italienne et la NASA ont officialisé la sélection de Luca Parmitano en tant que pilote de la mission Artémis III. L'astronaute italien devient ainsi le premier Européen appelé à voler vers la Lune dans le cadre du programme américain de retour sur le satellite naturel de la Terre.
Cette mission, dont l'objectif est de préparer le terrain pour un futur atterrissage habité sur la surface lunaire, verra l'équipage s'approcher de la Lune sans encore s'y poser. Luca Parmitano occupera le poste de pilote, chargé de naviguer le vaisseau Orion aux côtés du commandant.
Un vétéran de la Station spatiale internationale
Âgé de 49 ans, Luca Parmitano totalise déjà deux séjours à bord de la Station spatiale internationale (ISS), cumulant plus de 360 jours dans l'espace. Il a notamment commandé la station lors de l'expédition 61, devenant le premier Italien à occuper cette fonction. Son expérience des sorties extravéhiculaires (EVA) et sa maîtrise des systèmes de vol ont été déterminantes pour sa sélection.
« C'est un honneur immense de représenter l'Europe dans cette aventure. Chaque pas sur la Lune sera un pas pour toute l'humanité », a déclaré l'astronaute lors de l'annonce officielle.
Un partenariat Europe-États-Unis renforcé
Cette désignation s'inscrit dans le cadre d'un accord entre la NASA et l'Agence spatiale européenne (ESA), qui prévoit une participation européenne aux missions du programme Artémis. En échange de composants fournis par l'industrie spatiale européenne (notamment le module de service d'Orion, majoritairement construit par Airbus Defence and Space), l'ESA obtient des places à bord des vols habités.
La directrice de l'ESA a salué cette nomination, y voyant « la concrétisation d'un partenariat stratégique et la reconnaissance du savoir-faire spatial européen ». Le gouvernement italien a également exprimé sa fierté, le président du Conseil qualifiant Parmitano de « symbole de l'excellence italienne dans le domaine spatial ».
Le programme Artémis en marche
La mission Artémis III, prévue pour la seconde moitié de cette décennie, fait suite à Artémis I (un vol d'essai sans équipage réalisé en 2022) et à Artémis II (qui emmènera un équipage en orbite lunaire sans atterrir). Les objectifs du programme incluent l'établissement d'une présence humaine durable sur la Lune, avec la construction d'une station orbitale (Gateway) et la mise en place d'une base au pôle Sud lunaire.
Artémis III devrait être la première mission à déposer des astronautes sur la surface lunaire depuis Apollo 17 en 1972. Bien que Parmitano ne soit pas directement prévu pour marcher sur la Lune, son rôle de pilote est crucial pour le bon déroulement des opérations orbitales.
Implications pour l'avenir de l'exploration
La sélection d'un Européen à un poste clé marque une étape symbolique forte. Elle illustre l'internationalisation croissante des grandes missions d'exploration spatiale, qui ne sont plus l'apanage exclusif des États-Unis ou de la Russie. Pour l'Italie, c'est une reconnaissance de son industrie spatiale, qui fournit déjà des équipements majeurs pour Orion et le laboratoire Columbus de l'ISS.
Des voix critiques, notamment dans la communauté scientifique, rappellent toutefois le coût élevé du programme Artémis, estimé à plusieurs dizaines de milliards de dollars. Certains estiment que ces fonds pourraient être mieux utilisés pour la recherche scientifique fondamentale ou la lutte contre le changement climatique. Mais pour les agences spatiales, le retour sur investissement se mesure en termes de technologies, de coopération internationale et d'inspiration pour les générations futures.
Luca Parmitano entamera dans les prochains mois un entraînement intensif aux États-Unis, en préparation d'un vol qui devrait marquer l'histoire de l'exploration spatiale européenne.