Alors que l'été s'installe, les voyageurs du métro londonien subissent des conditions de chaleur extrême dans les rames. Des relevés effectués à bord indiquent que la température ambiante y dépasse les limites légales fixées pour le transport des animaux de boucherie, suscitant un mécontentement croissant parmi les usagers. Un passager interrogé a décrit l'ambiance à l'intérieur des voitures comme « un sauna ».

Cette situation trouve son origine dans une absence prolongée de modernisation du parc roulant. Selon les informations disponibles, aucun nouveau train équipé de la climatisation n'a été introduit sur le réseau depuis près d'une décennie, en raison de contraintes techniques et budgétaires. L'infrastructure vieillissante du métro, en partie souterraine depuis le XIXe siècle, rend difficile l'installation de systèmes de refroidissement efficaces sans travaux majeurs.

Les autorités de transport reconnaissent que la chaleur est un problème récurrent, mais aucune échéance ferme n'a été annoncée pour l'acquisition de matériel roulant climatisé. Les usagers, eux, dénoncent l'inertie face à des conditions qu'ils jugent indignes d'une capitale moderne.

Des normes de bien-être animal plus strictes que celles appliquées aux humains

La comparaison avec la réglementation sur le transport du bétail a particulièrement choqué l'opinion publique. En effet, la loi britannique impose que les animaux transportés ne soient pas exposés à des températures dépassant un certain seuil, sous peine de sanctions pour les transporteurs. Or, dans certaines rames du métro, la température mesurée est régulièrement supérieure à cette limite, ce qui a conduit des associations de défense des passagers à dénoncer un « deux poids, deux mesures ».

Ce paradoxe illustre l'écart entre les exigences sanitaires pour le bétail et l'absence de protection thermique pour les millions de Londoniens qui empruntent chaque jour le Tube. Les syndicats de cheminots et des représentants d'usagers appellent à un plan d'urgence pour rafraîchir les stations et renouveler les trains.

Un défi technique et financier de long terme

Le remplacement des rames anciennes par des modèles climatisés se heurte à plusieurs obstacles. D'une part, le gabarit des tunnels historiques restreint les possibilités techniques ; d'autre part, le coût d'un tel programme se chiffre en milliards de livres sterling, dans un contexte budgétaire déjà tendu pour les transports publics londoniens.

Certains projets de modernisation, notamment sur les lignes profondes, sont à l'étude mais leur mise en œuvre est repoussée d'année en année. La perspective de voir arriver des trains climatisés avant plusieurs années laisse présager encore de nombreux étés caniculaires pour les usagers.

En attendant, la compagnie gestionnaire du réseau a installé des ventilateurs dans certaines stations et distribue des bouteilles d'eau lors des pics de chaleur, des mesures jugées insuffisantes face à l'ampleur du problème.