Le nouveau long-métrage des réalisateurs Aitor Arregi et Jose Mari Goenaga, « Maspalomas », plonge le spectateur dans le quotidien d’un septuagénaire gay contraint de retourner dans le placard à l’heure de son entrée en maison de retraite. Présenté comme un drame intime, le film explore les blessures d’une génération pour qui l’homosexualité est restée longtemps taboue.
Le personnage principal, un homme âgé, vient de perdre son compagnon et se voit poussé par sa famille à intégrer un établissement médicalisé. Là, il doit taire une partie essentielle de son passé et de son identité, de peur du regard des autres résidents et du personnel. Ce retour forcé à la clandestinité constitue le cœur du récit, traité avec une pudeur qui évite le pathos excessif.
Les critiques soulignent l’interprétation subtile de l’acteur principal, dont le jeu retenu parvient à exprimer la douleur d’une vie entière de dissimulation. Malgré quelques ressorts narratifs jugés convenus par l’un des commentateurs, l’émotion passe grâce à une mise en scène sobre et attentive aux détails du quotidien.
Le titre « Maspalomas » fait référence à une célèbre station balnéaire des îles Canaries, symbole de liberté pour de nombreuses communautés LGBT+. Il agit comme un contraste douloureux avec la réalité du personnage, pour qui cet horizon de liberté semble à jamais perdu. Le film oppose ainsi l’image d’un paradis solaire à l’enfermement psychologique d’une existence recluse.
Le scénario, écrit par les deux réalisateurs, s’attache à montrer les petites lâchetés du quotidien, les compromissions et les moments de grâce volés. Sans jamais tomber dans la caricature, il dresse le portrait d’une société qui, malgré les progrès, continue à produire de l’invisibilité chez les personnes âgées homosexuelles.
La photographie alterne entre l’intérieur aseptisé de la résidence et les souvenirs lumineux des voyages passés du protagoniste. Cette dualité visuelle renforce le sentiment de perte et d’enfermement, tandis que la bande-son, discrète, ne vient jamais surcharger les silences chargés d’émotion.
Sorti le 23 juin 2026, « Maspalomas » s’inscrit dans la lignée des œuvres qui interrogent la mémoire des communautés LGBT+ et la manière dont les aînés ont dû composer avec la honte et le secret. Les critiques saluent une proposition honnête, portée par un acteur au sommet de son art, même si la narration aurait pu gagner en audace pour certains.
Au final, ce drame intime touche par sa sincérité et la justesse de son interprétation, offrant une réflexion nécessaire sur le droit à l’amour et à la dignité, quel que soit l’âge.