Israël ne retire pas ses troupes du Liban
Alors que l'accord entre les États-Unis et l'Iran semble amorcer une nouvelle phase diplomatique, le ministre israélien de la Défense a exclu tout calendrier de retrait des forces israéliennes déployées au Liban. Interrogé sur l'éventualité d'un départ, il a indiqué qu'« aucune date de retrait n'est fixée », précisant que les troupes resteraient « aussi longtemps que nécessaire pour garantir la sécurité ».
Cette déclaration intervient alors que plusieurs propositions internationales – notamment des mécanismes de surveillance renforcés par la Force intérimaire des Nations unies au Liban (FINUL) – sont à l'étude, mais sans qu'Israël s'en soit saisi formellement. Le ministre a reconnu que ces propositions sont « à l'examen », mais a insisté sur le maintien de la « flexibilité opérationnelle ».
Trump critique le comportement israélien
Sur le plan diplomatique, le président américain Donald Trump a jugé qu'Israël « pourrait mieux se comporter au Liban » et « faire un meilleur travail ». Ces déclarations, rapportées par des médias internationaux, marquent une divergence publique rare avec un allié proche. Elles surviennent alors que Washington et Téhéran ont conclu un accord que M. Trump avait promis comme un tournant vers la paix régionale.
Des frappes continuent malgré les promesses
Sur le terrain, les hostilités se poursuivent. Des frappes israéliennes ont visé plusieurs localités du sud du Liban et la banlieue sud de Beyrouth ces dernières quarante-huit heures, officiellement présentées comme des « opérations ciblées » contre des infrastructures du Hezbollah. De son côté, le Hezbollah a revendiqué des tirs de roquettes vers le nord d'Israël, sans faire état de victimes.
Ces affrontements contredisent les assurances données il y a plusieurs semaines par Donald Trump, qui avait annoncé un cessez-le-feu et des engagements réciproques entre Israël et le Hezbollah. Si des accalmies partielles avaient été observées, la situation militaire n'a pas connu d'arrêt durable.
L'accord américano-iranien en toile de fond
L'accord entre Washington et Téhéran, conclu récemment, a permis une désescalade temporaire entre les deux pays, mais n'a pas enrayé les tensions régionales. Israël continue de considérer le Hezbollah comme une menace existentielle, tandis que l'Iran – principal soutien du mouvement libanais – reste sous sanctions. Selon des analystes, l'administration Trump chercherait à obtenir un engagement israélien de retrait pour consolider la trêve avec l'Iran, mais Jérusalem exige des garanties supplétives.
Scepticisme libanais
Au Liban, la population exprime un profond scepticisme face aux promesses de désescalade. « Nous avons entendu trop d'annonces, rien n'a changé », confie un habitant de la banlieue sud de Beyrouth, sous couvert d'anonymat. Les autorités libanaises, débordées par la crise économique et politique, n'ont pas commenté officiellement le maintien des troupes israéliennes.
Quelles perspectives ?
Le ministre israélien de la Défense a réaffirmé que son pays agirait « en fonction de ses intérêts sécuritaires », sans préciser les conditions qui déclencheraient un retrait. La Maison-Blanche, par la voix d'un porte-parole, a déclaré qu'elle « encourageait toutes les parties à réduire les tensions » et à respecter les accords conclus.
À ce stade, aucune date n'est avancée pour un départ des forces israéliennes, et les combats continuent de ponctuer le quotidien des populations du sud du Liban.