Un échange téléphonique musclé entre Donald Trump et Benyamin Netanyahou a conduit à un revirement de dernière minute des plans militaires israéliens. Selon des informations concordantes, le président américain aurait employé un ton très dur, voire injurieux, pour contraindre le dirigeant israélien à renoncer à des frappes aériennes massives contre des positions du Hezbollah à Beyrouth, que Jérusalem avait présentées comme imminentes quelques heures auparavant.
Donald Trump s'est vanté d'avoir forcé « Bibi Netanyahou » à faire volte-face et d'avoir ordonné à des soldats israéliens « en route pour Beyrouth » de faire marche arrière. Un responsable israélien du ministère de la Défense a toutefois démenti que des unités terrestres s'apprêtaient à envahir la capitale libanaise. Le locataire de la Maison-Blanche a également affirmé avoir obtenu du Hezbollah la cessation des tirs de roquettes et de drones contre les forces israéliennes opérant dans le sud du Liban et contre les localités du nord d'Israël.
Escalade évitée de justesse
Ces annonces interviennent alors que la trêve, entrée en vigueur le 16 avril, n'a jamais été pleinement respectée. Depuis cette date, les attaques du Hezbollah ont fait 15 morts, militaires et civils, et contraignent quotidiennement des dizaines de milliers d'Israéliens vivant près de la frontière à se précipiter dans les abris. Sur le terrain, les tirs provenant du Liban se sont poursuivis dimanche et lundi, malgré la trêve évoquée par Donald Trump. L'armée israélienne a elle aussi maintenu ses opérations dans la « zone de sécurité » qu'elle occupe au sud du Liban.
Dans un bref communiqué, Benyamin Netanyahou a tenté de minimiser l'incident : « Si le Hezbollah continue ses attaques contre nos localités et nos soldats, Israël frappera des objectifs terroristes à Beyrouth. Cette position reste inchangée. » L'escalade a donc été évitée de justesse, mais la situation demeure extrêmement tendue, toute nouvelle perte humaine en Israël risquant de provoquer une riposte de grande ampleur.
Réactions politiques intérieures
Le Premier ministre israélien est vivement critiqué dans son propre camp et par l'opposition. Des voix s'élèvent pour dénoncer une soumission à Washington. « Nous sommes devenus un protectorat des États-Unis, la responsabilité de la sécurité de la population et de nos soldats doit rester du seul ressort du gouvernement israélien », a déclaré Yair Lapid, chef de l'opposition centriste. Un commentateur de la radio de l'armée a suggéré que Netanyahou aurait cédé pour obtenir le soutien public de Trump en vue des élections prévues fin octobre, ainsi qu'un appui pour une éventuelle grâce dans les trois procès pour corruption qui le concernent.
Le rôle clé de l'Iran
La pression exercée par Donald Trump découle directement des menaces iraniennes. Téhéran avait laissé entendre que les négociations avec les États-Unis seraient suspendues si l'aviation israélienne attaquait de nouveau Beyrouth, et avait menacé d'ouvrir de nouveaux fronts. En imposant ce revirement, le président américain a donc aussi cherché à préserver les chances d'un accord avec l'Iran. La tentative de Netanyahou de dissocier le dossier libanais du dossier iranien afin de continuer à frapper le Hezbollah malgré une éventuelle entente entre Washington et Téhéran a, pour l'instant, échoué.