Moins de deux jours après la signature solennelle d’un protocole d’accord de paix entre les États-Unis et l’Iran, la situation militaire au sud du Liban connaît une brutale détérioration. Dans la nuit, des frappes israéliennes ont tué 18 personnes et blessé 33 autres, selon un bilan provisoire du ministère de la Santé à Beyrouth. Il s’agit du bilan le plus lourd enregistré depuis l’annonce de la conclusion de l’accord, lundi, qui prévoit un cessez-le-feu « sur tous les fronts, y compris au Liban ». L’armée israélienne a de son côté confirmé la mort de quatre soldats, dont un officier supérieur.
Des propos incendiaires et un report des négociations C’est dans ce contexte que le ministre israélien de la Sécurité nationale, Itamar Ben Gvir, figure de l’extrême droite et allié politique crucial du Premier ministre Benjamin Netanyahu, a réagi à l’annonce des pertes militaires israéliennes en déclarant : « Tout le Liban doit brûler ». Ces propos, rapportés par l’entourage du ministre, interviennent alors que les premières négociations concrètes entre Téhéran et l’administration américaine, qui devaient se tenir vendredi en Suisse, ont été reportées sine die par le gouvernement suisse. La France a appelé Israël à « respecter » le protocole d’accord signé au château de Versailles.
Un accord déjà fragilisé La signature mercredi du protocole d’accord entre Donald Trump et l’Iran, censé instaurer une paix durable et un cessez-le-feu généralisé, semble dès lors compromise par ces événements. Le point sur lequel Téhéran avait particulièrement insisté – l’arrêt des hostilités au Liban, où son allié le Hezbollah est engagé – est directement contredit par les frappes et les déclarations belliqueuses. Le report des pourparlers en Suisse, couplé à la flambée de violences, jette un doute sérieux sur la viabilité de l’accord, que certains observateurs qualifient déjà de « mort-né ».