Le président américain Donald Trump a effectué cette semaine une visite officielle en Turquie, la première d'un locataire de la Maison-Blanche en onze ans. Accueilli par le président turc Recep Tayyip Erdogan lors d'une cérémonie militaire, M. Trump a indiqué envisager la vente d'avions de combat F-35 à Ankara, tout en se disant prêt à lever les sanctions économiques imposées à la Turquie après l'acquisition du système antiaérien russe S-400.

« La Turquie a été, à bien des égards, beaucoup plus loyale que d'autres pays que nous pensons loyaux… C'est un excellent avion, le meilleur actuellement, de loin. Et c'est certainement quelque chose que nous étudierons », a déclaré le président américain. Il a ajouté que son secrétaire d'État et son secrétaire au Trésor travaillaient sur la question du retrait des sanctions, affirmant qu'« il est temps » et que Washington ne souhaitait pas « sanctionner des amis ».

Cette déclaration a immédiatement suscité une vive réaction de la part d'Israël. Dans une interview télévisée, le Premier ministre Benjamin Netanyahu a mis en garde contre les conséquences régionales d'un tel transfert. « Cela détruirait l'équilibre des forces au Moyen-Orient, car la Turquie a, je pense, des aspirations agressives », a-t-il affirmé. « Lorsque vous leur donnez cette puissance, vous allez voir de l'agression s'ensuivre », a-t-il ajouté.

Les relations entre les États-Unis et la Turquie se sont considérablement dégradées à partir de 2019, lorsqu'Ankara a acquis le système de défense russe S-400. En représailles, Washington a exclu la Turquie du programme de production et d'acquisition du F-35, puis imposé des sanctions en 2020 contre une grande entreprise de défense turque. Depuis, la Turquie milite pour être réintégrée dans le programme et obtenir la levée des mesures punitives.

Selon des sources proches du dossier, Ankara aurait déjà versé des acomptes pour cinq appareils dont la livraison est bloquée. Le président Erdogan mise sur ses bonnes relations personnelles avec Donald Trump pour débloquer la situation. Les deux dirigeants se sont mutuellement couverts d'éloges lors de la visite.

Toutefois, la vente de F-35 à la Turquie reste juridiquement entravée par la législation américaine actuelle, et se heurte à une forte opposition au Congrès, où de nombreux élus demeurent réservés à l'égard d'Ankara. Le revirement annoncé par M. Trump, s'il se concrétisait, représenterait un changement majeur dans la politique de défense américaine au Moyen-Orient et affecterait directement la supériorité aérienne dont Israël bénéficie dans la région.