Moins de vingt-quatre heures après le verdict de la cour d'appel, Marine Le Pen a entamé sa campagne présidentielle ce 8 juillet dans la Sarthe, entourée de Jordan Bardella. La députée du Pas-de-Calais, condamnée à un an de prison ferme aménagé sous bracelet électronique, à une amende et à quinze mois d'inéligibilité, a déclaré aux journalistes présents : « Je suis innocente. Je suis éligible ». Cette peine, bien que lourde, ne l'empêche pas de se présenter à l'élection, la juridiction ayant écarté l'exécution provisoire de la peine d'inéligibilité pour la durée nécessaire à la procédure de cassation.
Une décision de justice commentée par la défense
L'avocat de Marine Le Pen, Rodolphe Bosselut, a précisé la portée de l'arrêt : « La juridiction a considéré que le droit de se présenter pour Marine Le Pen était absolument essentiel ». Selon lui, les juges ont estimé que la privation du droit de se porter candidate aurait une conséquence disproportionnée, d'où l'absence d'exécution provisoire de l'inéligibilité. La défense prépare un pourvoi en cassation, dans l'espoir d'obtenir une révision de la condamnation pénale.
Un lancement de campagne sous le signe de la détermination
Jordan Bardella, président du Rassemblement national, a accompagné Marine Le Pen dans ce premier déplacement. Il a déclaré : « Je me réjouis que Marine puisse porter nos couleurs ». Le parti mise sur une « campagne de terrain offensive », dirigée par Julien Sanchez. La candidate, qui avait exclu quelques jours plus tôt de faire campagne avec un bracelet électronique, n'a pas évoqué les modalités d'exécution de sa peine. Elle a répété qu'elle se considérait « sans peur » face à cette procédure.
Une bronca politique sur le manque d'exemplarité
La décision de la cour d'appel et la poursuite de la campagne de Marine Le Pen suscitent une vive réaction de l'opposition. À gauche comme à droite, plusieurs personnalités politiques ont critiqué le fait qu'une candidate condamnée pour détournement de fonds publics puisse se présenter à la présidence de la République. Le Rassemblement national dénonce de son côté une instrumentalisation de la justice. Marion Maréchal, figure du camp national, a estimé que Marine Le Pen était « la candidate la plus évidente de la coalition du camp national », soulignant l'unité autour de sa candidature.
Les suites judiciaires
Le pourvoi en cassation devrait être formé dans les semaines à venir. Si la Cour de cassation confirme la condamnation, un nouveau procès en appel pourrait être ordonné, ou la décision pourrait devenir définitive. En attendant, Marine Le Pen reste en lice pour l'élection présidentielle de 2027, et compte sur la mobilisation de ses troupes pour contrer les critiques et faire campagne sur ses propositions.