Deux agents des Compagnies républicaines de sécurité (CRS) ont été reconnus coupables, lundi 1er juin, par le tribunal correctionnel de Nice, de violences volontaires et de vol aggravé commis au préjudice d’un jeune homme dans le quartier de l’Ariane, à Nice. Les faits, qui se sont déroulés en avril, avaient été filmés par un habitant, et la vidéo a constitué un élément central de l’instruction.
Les deux policiers, qui n’étaient pas en service et se trouvaient en état d’ébriété au moment des faits, ont mis au sol leur victime et l’ont rouée de coups. Selon des éléments rapportés lors de l’audience, l’agression a également été accompagnée du vol d’un téléphone portable appartenant au jeune homme. Les prévenus ont écopé de peines de prison avec sursis, dont la durée précise n’a pas été communiquée.
Une scène filmée déterminante
La diffusion sur les réseaux sociaux d’une vidéo amateur montrant l’altercation violente avait déclenché une enquête rapide des services de police. Les images, qui montraient les deux fonctionnaires frappant l’homme à terre, ont été examinées par les enquêteurs et versées au dossier judiciaire. Elles ont permis d’établir la réalité des coups portés et de contredire les premières déclarations des mis en cause.
L’affaire a ravivé le débat sur les violences commises par des agents des forces de l’ordre en dehors de leur service. Les faits se sont produits alors que les deux CRS étaient en repos et avaient consommé de l’alcool, ce qui a été relevé par le tribunal comme une circonstance aggravante.
Des réquisitions et une décision
Les avocats de la défense avaient plaidé pour une relaxe partielle, contestant notamment la qualification de vol aggravé. Ils soutenaient que la saisie du téléphone visait à empêcher la victime d’appeler des renforts et qu’il n’y avait pas d’intention de se l’approprier. Le tribunal a toutefois estimé que les éléments constitutifs du vol étaient réunis, en raison de la soustraction frauduleuse du bien.
La décision du tribunal correctionnel intervient après plusieurs mois de procédure. Les deux fonctionnaires, qui encouraient des peines plus lourdes, ont bénéficié de circonstances atténuantes liées à leur absence d’antécédents judiciaires. Le parquet avait requis des peines de prison ferme, mais les juges ont opté pour un sursis simple.
Un précédent dans la région
Ce jugement s’inscrit dans une série de condamnations de policiers pour des violences illégitimes. En 2023, un autre CRS avait été condamné par le tribunal de Nice pour des faits similaires. L’affaire de l’Ariane a particulièrement choqué l’opinion locale, en raison de la brutalité des coups portés alors que la victime était immobilisée au sol.
Les condamnés conservent la possibilité de faire appel de cette décision. Leurs avocats n’ont pas encore indiqué s’ils entendaient contester le jugement.