La menace proférée par le vice-président américain J.D. Vance prend une tournure concrète au lendemain de nouvelles frappes américaines en Iran. Dans la nuit du 8 au 9 juillet, les Gardiens de la Révolution iraniens ont annoncé avoir lancé des attaques de drones et de missiles contre des infrastructures et installations des bases américaines d'Arifjan et d'Ali Al-Salem au Koweït, ainsi que de Juffair et Sheikh Isa à Bahreïn. Ces frappes interviennent après que le cessez-le-feu entre les deux pays a été déclaré « fini » par le président américain Donald Trump.

Le principal négociateur iranien dans les pourparlers avec les États-Unis, Mohammad Bagher Ghalibaf, a réaffirmé la position de Téhéran concernant le détroit d'Ormuz, passage stratégique pour le transport maritime mondial. Dans un communiqué publié sur X, il a déclaré : « Soyons clairs : si vous frappez, vous serez frappés », ajoutant que le détroit d'Ormuz « ne sera ouvert qu'en vertu de modalités iraniennes et non sous la pression des menaces américaines ». Il a également souligné que « les États-Unis n'ont toujours pas compris que l'intimidation et le non-respect de leurs engagements ne restent plus sans conséquences ».

Une escalade militaire rapide

Selon le commandement central américain (Centcom), l'armée américaine a mené une nouvelle série de frappes contre l'Iran le 8 juillet, atteignant environ 90 « cibles militaires », dont des systèmes de défense antiaérienne. Le Centcom a justifié ces opérations par la nécessité de « dégrader davantage la capacité de l'Iran à s'en prendre au transport maritime commercial et à d'innocents marins civils dans le détroit d'Ormuz ». Washington affirme ainsi vouloir protéger la libre circulation dans cette voie d'eau névralgique par laquelle transite environ 20 % du pétrole mondial.

De son côté, Téhéran a riposté en ciblant des bases américaines dans les pays du Golfe. Les Gardiens de la Révolution ont menacé d'étendre leurs frappes à d'autres bases de la région si les États-Unis poursuivaient leurs bombardements. Des explosions ont été entendues au Koweït et à Bahreïn, selon des témoins.

Les déclarations de Vance en toile de fond

Le vice-président J.D. Vance avait prévenu le 8 juillet que toute tentative de l'Iran de fermer le détroit d'Ormuz entraînerait une riposte militaire immédiate des États-Unis. Ses propos visaient à dissuader Téhéran d'utiliser ce levier géopolitique pour faire pression sur Washington et ses alliés. L'escalade en cours montre que la question du détroit reste centrale dans le conflit.

Conséquences régionales

Les frappes iraniennes contre le Koweït et Bahreïn, deux monarchies du Golfe abritant des bases américaines, marquent une extension géographique du conflit. Jusqu'à présent, les échanges de tirs se concentraient principalement sur le territoire iranien et les eaux du Golfe. En ciblant des États voisins, Téhéran cherche à accroître la pression sur les États-Unis et à démontrer sa capacité à frapper au-delà de ses frontières.

La situation reste extrêmement tendue, sans perspective immédiate de désescalade. Les déclarations iraniennes indiquent une volonté de maintenir la fermeture du détroit d'Ormuz sous leur contrôle, tandis que les États-Unis continuent de frapper des cibles militaires iraniennes pour garantir la liberté de navigation. La communauté internationale suit avec inquiétude l'évolution de ce conflit, qui risque de perturber gravement les approvisionnements énergétiques mondiaux.