OpenAI franchit une nouvelle étape dans l’évolution de son intelligence artificielle en dotant ChatGPT de capacités « d’action » lui permettant d’interagir directement avec des applications extérieures. Cette transformation confirme l’ambition de la société de faire de son outil phare une « super-app » universelle, capable de centraliser de multiples services du quotidien, tandis que les projecteurs se braquent sur sa future entrée sur les marchés financiers.
Un assistant devenu actif
Loin des simples réponses textuelles, la version actualisée de ChatGPT peut désormais, sur instruction de l’utilisateur, ouvrir un logiciel de traitement de texte, rédiger un message électronique, commander un repas ou encore réserver un billet de transport. Cette évolution, présentée comme une avancée majeure, repose sur l’intégration de protocoles d’interopérabilité qui permettent à l’assistant de dialoguer avec les interfaces de programmes tiers. Les exemples montrés par l’entreprise illustrent un scénario où l’utilisateur donne un ordre vocal, comme « planifie ma soirée », et ChatGPT enchaîne les opérations : vérifier le calendrier, contacter des amis par messagerie, suggérer un film et acheter les places.
Vers une plateforme multifonction
Cette stratégie s’inscrit dans une vision plus large : faire de ChatGPT un point d’entrée unique pour une foule d’activités numériques. OpenAI veut ainsi concurrencer des écosystèmes déjà établis comme ceux de certaines grandes entreprises chinoises ou américaines, qui ont fait de leurs applications des hubs de services. En multipliant les partenariats avec des développeurs et des fournisseurs de services, la start-up espère créer un effet de réseau où chaque nouvelle fonctionnalité attire davantage d’utilisateurs, lesquels génèrent à leur tour plus de données pour améliorer les performances du modèle.
Les projets d’introduction en Bourse
Parallèlement à ces innovations techniques, OpenAI avance dans ses préparatifs pour une introduction en Bourse (IPO). Selon des sources proches du dossier, les discussions avec les banques d’affaires se sont intensifiées ces dernières semaines. L’opération, qui pourrait intervenir d’ici la fin de l’année 2026, vise à lever plusieurs milliards de dollars. La valorisation de l’entreprise, déjà estimée à près de 100 milliards de dollars lors des tours de table précédents, pourrait encore grimper si le nouveau positionnement de ChatGPT convainc les investisseurs. Les dirigeants d’OpenAI voient dans l’IPO un moyen de financer la recherche et le déploiement à grande échelle de leurs futures générations de modèles, tout en offrant une liquidité aux actionnaires, dont Microsoft est le principal.
Un marché en pleine effervescence
L’annonce intervient dans un contexte de course effrénée à l’intelligence artificielle, où chaque acteur tente de verrouiller des parts de marché. Google, Meta et Anthropic développent également des assistants capables d’agir sur des applications. Pour OpenAI, le pari est risqué : la fiabilité des actions de l’assistant est cruciale. Une erreur – comme un achat non souhaité ou une divulgation d’information privée – pourrait nuire à la confiance des utilisateurs. L’entreprise assure avoir renforcé les garde-fous, avec des mécanismes de validation explicite avant toute action irréversible et des paramètres de confidentialité granulaires.
Réactions des spécialistes
Plusieurs experts en sécurité informatique et en éthique de l’IA interrogés par divers médias francophones saluent le potentiel de simplification mais mettent en garde contre une centralisation excessive des données et des dépendances techniques. « Faire confiance à un seul agent pour gérer ses comptes, ses messages et ses achats, c’est lui donner les clés de toute sa vie numérique », résume un chercheur spécialisé dans la gouvernance des algorithmes. OpenAI répond que l’utilisateur conserve le contrôle final et que chaque action est tracée.