La pénurie de carburant en Russie s'aggrave, se matérialisant désormais par de longues files d'attente dans les stations-service de la capitale. Des photographies récentes montrent des dizaines de véhicules alignés devant une station Rosneft à Moscou, illustrant les difficultés croissantes rencontrées par les automobilistes.
Cette situation fait suite à une série de frappes ukrainiennes visant des infrastructures pétrolières russes, notamment des terminaux proches de Saint-Pétersbourg. Les autorités russes, y compris le président Vladimir Poutine, ont reconnu l'existence d'un « certain déficit » de carburant, une première depuis le début du conflit.
Des files d'attente interminables
Les images diffusées montrent une file de voitures s'étendant sur plusieurs centaines de mètres, les conducteurs attendant patiemment leur tour pour faire le plein. Cette scène, devenue courante dans plusieurs régions du pays, témoigne de l'ampleur des perturbations qui touchent le secteur énergétique russe.
Dans plusieurs villes, les stations-service ont instauré des limites sur les quantités de carburant vendues par véhicule, tandis que certaines ont tout simplement fermé leurs portes en raison de l'épuisement de leurs stocks. Les régions les plus touchées sont celles qui dépendent le plus des raffineries visées par les frappes.
Des mesures gouvernementales insuffisantes
Face à cette crise, le gouvernement russe a annoncé une série de mesures, dont une interdiction des exportations de diesel et une réduction des livraisons aux acheteurs étrangers. Les autorités ont également déclaré l'état d'urgence en Crimée, où la distribution de carburant a été suspendue après une attaque ukrainienne massive.
Cependant, ces mesures n'ont pas suffi à enrayer la pénurie. Les gouverneurs régionaux multiplient les annonces rassurantes, mais la situation continue de se dégrader dans de nombreuses localités.
Un impact sur la vie quotidienne
Les files d'attente devant les stations-service perturbent la vie quotidienne des Russes, qui doivent désormais prévoir des heures d'attente pour faire le plein. Certains automobilistes rapportent avoir passé plus de deux heures à attendre leur tour, tandis que d'autres ont dû renoncer à se déplacer faute de carburant.
Cette pénurie a également un impact sur les prix, qui ont flambé ces dernières semaines, aggravant encore les difficultés économiques de nombreux ménages.
Réactions des autorités
Le président Poutine a reconnu l'existence de difficultés d'approvisionnement, évoquant un « certain déficit » lors d'une intervention publique. Cependant, il n'a pas annoncé de mesures supplémentaires pour résoudre la crise.
Les gouverneurs des régions les plus touchées ont pour leur part appelé les citoyens à la patience et assuré que des mesures étaient prises pour rétablir la situation le plus rapidement possible. Mais les résultats peinent à se concrétiser sur le terrain.