La convention citoyenne parisienne sur les rythmes scolaires, dont les travaux ont été remis ce mardi, a massivement plébiscité le retour à la semaine de quatre jours dans la capitale. Cette proposition, qui fait suite à plusieurs mois de délibérations, vise à répondre à une crise profonde affectant le périscolaire, miné par la précarité et un scandale de violences sexuelles.
Une recommandation claire
Les quelque cent citoyens tirés au sort pour participer à cette instance délibérative se sont prononcés en faveur d'une organisation scolaire qui verrait les cours dispensés du lundi au jeudi ou du mardi au vendredi, selon les modalités à déterminer localement. Le mercredi matin, actuellement consacré aux enseignements, deviendrait libre, permettant aux familles de gérer autrement le temps périscolaire de leurs enfants.
La convention a justifié ce choix par la nécessité de simplifier l'organisation familiale et de réduire la fatigue des élèves, mais aussi par l'impératif de mettre fin à la dégradation des conditions de travail des animateurs et Atsem, dont les contrats précaires et les faibles rémunérations alimentent un sentiment d'abandon.
Un contexte de crise
Le secteur périscolaire parisien traverse en effet une période difficile. Depuis plusieurs mois, des révélations ont mis en lumière des faits de violences sexuelles commises par des animateurs, provoquant une onde de choc parmi les parents et le personnel éducatif. Par ailleurs, la crise de recrutement s'aggrave, faute d'attractivité des métiers d'animation. « Il faut que la collectivité prenne ses responsabilités », a résumé un membre de la convention, cité dans le rapport.
La mairie de Paris, dirigée par Anne Hidalgo, s'était engagée à examiner les conclusions de cette convention avant de prendre une décision. Emmanuel Grégoire, premier adjoint, a indiqué que la municipalité étudierait « avec attention » les recommandations émises, sans préjuger de la suite qui leur sera donnée.
Enjeux politiques et pratiques
Le retour à la semaine de quatre jours, qui prévalait avant la réforme de 2013 imposant la semaine de quatre jours et demi, soulève des questions logistiques et financières. L'adaptation des rythmes scolaires implique de revoir les contrats des animateurs, de redéfinir les horaires d'ouverture des accueils de loisirs et d'ajuster le budget alloué au périscolaire. Certains élus d'opposition, tout en saluant la démarche participative, s'inquiètent des coûts supplémentaires qu'une telle réorganisation pourrait engendrer.
Les associations de parents d'élèves, qui ont participé aux auditions de la convention, se montrent majoritairement favorables à un retour à la semaine de quatre jours, estimant que cela répond à une attente forte des familles. « On attend des actes concrets », a déclaré l'une de leurs représentantes.
Prochaines étapes
Le rapport final de la convention doit être transmis officiellement à la maire de Paris dans les prochains jours. Un début de mise en œuvre est évoqué pour la rentrée scolaire 2027, sous réserve de validation par le conseil de Paris et de concertation avec les partenaires sociaux.