L’instance de réflexion citoyenne que la mairie de Paris a mise sur pied à la suite des révélations de violences sexuelles dans le périscolaire dévoile ce mardi ses propositions pour réorganiser le temps scolaire dans la capitale. Selon des informations parues avant la publication officielle, la principale mesure envisagée consisterait à abandonner la semaine de quatre jours et demi pour revenir à quatre jours d’école par semaine.
Cette orientation irait à l’encontre de la position défendue par l’actuel maire, Emmanuel Grégoire, qui s’était prononcé en faveur du maintien du rythme actuel. Le locataire de l’Hôtel de Ville avait estimé que la formule avec quatre jours et demi – qui comprend des activités périscolaires le mercredi matin – présentait des avantages pédagogiques et permettait notamment de lutter contre les inégalités d’accès aux loisirs. La convention citoyenne, composée de Parisiens tirés au sort, semble avoir jugé que ce dispositif n’était pas adapté, en particulier dans le contexte des violences qui ont ébranlé le service public d’accueil périscolaire.
Un dispositif lancé après des scandales
Rappelons que la création de cette convention a été annoncée par la mairie à la suite de la révélation, ces derniers mois, de nombreuses affaires de violences sexuelles commises par des animateurs et encadrants dans les structures périscolaires parisiennes. Ces faits ont suscité une vive émotion parmi les parents d’élèves et les équipes éducatives, et ont poussé la municipalité à lancer une vaste consultation citoyenne sur l’organisation du temps de l’enfant, de la classe aux activités post-scolaires.
Pendant plusieurs semaines, les membres tirés au sort de la convention ont audité des experts, des associations de parents, des syndicats d’enseignants et des représentants de la ville. Leurs débats ont notamment porté sur la sécurité des enfants, la qualité de l’encadrement et l’équilibre entre temps scolaire et temps libre. Le retour à la semaine de quatre jours, sans classe le mercredi, est apparu comme une piste privilégiée pour simplifier l’organisation et réduire les multiples temps de transition qui, selon certains témoignages, auraient pu favoriser des situations à risque.
Des attendus politiques et pratiques
Sur le plan local, cette proposition pourrait raviver les tensions entre la majorité municipale et l’opposition. Plusieurs élus de droite réclamaient déjà depuis longtemps la fin de la semaine de quatre jours et demi, qu’ils jugent source de fatigue pour les enfants et de complexité logistique pour les familles. Le camp du maire, en revanche, y voyait un outil de cohésion sociale et d’accès aux activités culturelles et sportives pour tous.
La mairie n’a pas encore communiqué officiellement sur la suite qu’elle entend donner aux recommandations de la convention. Celle-ci présente un avis consultatif, ce qui signifie que la décision finale reviendra à l’exécutif parisien, en lien avec l’Éducation nationale. Une application concrète des propositions, si elle était validée, pourrait intervenir à partir de la prochaine rentrée scolaire, sous réserve des délais techniques et des négociations avec les partenaires sociaux.
Un enjeu national
Le cas parisien est suivi avec attention au niveau national, car la capitale est souvent pionnière en matière d’expérimentations éducatives. Le débat sur les rythmes scolaires, qui agite régulièrement les collectivités locales et les familles, oppose traditionnellement les partisans de la semaine de quatre jours – plébiscitée par une majorité de communes depuis la réforme de 2017 – aux défenseurs de la semaine de neuf demi-journées, censée mieux répartir les apprentissages. La décision parisienne pourrait faire jurisprudence dans d’autres grandes villes.
Les conclusions complètes de la convention sont présentées dans la matinée. Elles devraient préciser non seulement le rythme hebdomadaire, mais aussi des mesures d’accompagnement concernant le recrutement, la formation et le contrôle des personnels périscolaires, afin de restaurer la confiance des parents.