Dans un contexte de tensions géopolitiques et de volatilité des marchés pétroliers, la Chine a demandé à ses raffineurs de maintenir une production élevée, selon des sources concordantes. Cette directive intervient alors que les importations de brut ont chuté à leur plus bas niveau depuis près de dix ans et que les raffineurs indépendants, en particulier, ont fortement réduit leur activité.

Les importations chinoises de pétrole brut ont fortement diminué au printemps, contribuant à contenir la hausse des cours mondiaux malgré les perturbations liées au conflit entre les États-Unis et l’Iran. La baisse de la demande chinoise a ainsi joué un rôle amortisseur sur les prix, alors que le passage des pétroliers par le détroit d’Ormuz est ralenti par les tensions.

Dans ce contexte, les autorités chinoises ont exhorté les raffineurs à ne pas réduire leur production. Cette injonction vise à éviter une pénurie intérieure de carburants et à maintenir l’activité économique, alors que de nombreuses petites raffineries indépendantes, confrontées à des marges réduites et à un accès limité au brut, tournent au ralenti.

Les raffineurs indépendants, qui représentent une part significative de la capacité de raffinage chinoise, ont vu leur production tomber à son plus bas niveau depuis neuf ans. Parallèlement, la guerre en Ukraine continue d’affecter les marchés : la Russie a interdit les ventes de diesel à l’étranger pour préserver son approvisionnement intérieur, et les frappes de drones ukrainiens ont endommagé plusieurs raffineries russes, limitant leur capacité à produire des carburants de transport.

Les experts estiment que l’évolution des prix du pétrole dépendra désormais en grande partie du moment où la Chine relancera ses achats de brut. « La demande chinoise est vraiment la pièce la plus importante du puzzle », a déclaré Karen Young, chercheuse au Centre pour la politique énergétique mondiale de l’Université Columbia. Si la Chine tarde à importer, les prix pourraient rester bas ; à l’inverse, un retour des importations chinoises ferait grimper les cours.

Plusieurs indicateurs suggèrent que Pékin pourrait bientôt recommencer à accumuler des réserves, ce qui stimulerait la demande et soutiendrait les prix. Toutefois, la décision des autorités d’ordonner le maintien d’une production élevée semble indiquer une volonté de sécuriser l’approvisionnement intérieur avant toute reprise massive des importations.

La situation reste donc marquée par une double dynamique : d’un côté, les raffineurs privés réduisent leur activité, de l’autre, les pouvoirs publics leur demandent de produire davantage. Ce paradoxe souligne les tensions entre la nécessité de soutenir l’économie nationale et les contraintes d’un marché pétrolier mondial chahuté.