Les forces de l'ordre ont démantelé un atelier clandestin spécialisé dans la fabrication d'armes à feu via l'impression 3D, situé à Pau, dans le département des Pyrénées-Atlantiques. Quatre hommes ont été mis en examen à l'issue de l'opération, a fait savoir samedi le parquet de Toulouse.

L'atelier servait à la production d'« armes létales » conçues au moyen de techniques d'impression tridimensionnelle, selon les informations communiquées par les autorités judiciaires. Les pièces ainsi fabriquées étaient destinées à la vente, ce qui laisse présager l'existence d'un réseau de trafic structuré.

Les investigations, menées sous la direction du parquet de Toulouse, ont permis de remonter jusqu'à ce lieu de production clandestin. Les enquêteurs y ont saisi plusieurs imprimantes 3D ainsi que divers composants entrant dans la fabrication des armes. Les quatre suspects, dont l'identité n'a pas été révélée, ont été placés en détention provisoire dans l'attente de leur procès.

Une enquête ouverte pour trafic d'armes

L'affaire a été confiée à la juridiction interrégionale spécialisée (JIRS) de Toulouse, compétente pour les dossiers de criminalité organisée. Les chefs de poursuite retenus contre les mis en examen incluent la fabrication et la détention non autorisées d'armes de catégorie A et B, ainsi que leur mise en vente. Les peines encourues peuvent aller jusqu'à dix ans d'emprisonnement.

L'enquête se poursuit afin de déterminer l'ampleur exacte du trafic et l'identité d'éventuels clients ou complices. Les enquêteurs cherchent également à savoir si d'autres ateliers similaires existent sur le territoire.

Un phénomène en essor

La fabrication d'armes par impression 3D, bien que techniquement possible depuis plusieurs années, reste un phénomène marginal en France. Toutefois, les autorités constatent une recrudescence des tentatives de production artisanale d'armes létales, facilitée par la démocratisation des imprimantes 3D grand public. Les fichiers de plans d'armes sont en effet largement disponibles en ligne, ce qui rend leur contrôle difficile.

Ce démantèlement à Pau s'inscrit dans une stratégie plus large de lutte contre la prolifération des armes non tracées, dites « fantômes », qui échappent à tout enregistrement. La coopération entre les services de police, la gendarmerie et les douanes est régulièrement renforcée pour identifier et neutraliser ces réseaux.