Une première série de négociations directes entre les États-Unis et l'Iran s'est achevée lundi à l'aube en Suisse, les médiateurs saluant des avancées encourageantes tout en relevant la fragilité du processus. La réunion, qui s'est tenue à la station du Bürgenstock, a abouti à la mise en place d'une structure de travail destinée à conduire, d'ici soixante jours, à un accord de fond.
Un mécanisme en trois volets
Selon le communiqué conjoint publié par le Qatar et le Pakistan, les deux délégations sont convenues d'une "feuille de route" pour un accord définitif, assortie d'un calendrier de soixante jours. Les parties ont également établi une ligne de communication temporaire visant à garantir la libre circulation des navires dans le détroit d'Ormuz, voie maritime stratégique pour les exportations pétrolières et gazières. Par ailleurs, une "cellule de déconfliction" a été créée pour coordonner les opérations militaires au Liban, où les affrontements entre Israël et le Hezbollah, mouvement soutenu par Téhéran, se poursuivent depuis plusieurs mois.
Les médiateurs ont décrit l'atmosphère des échanges comme positive et constructive. Des discussions techniques doivent se poursuivre toute la semaine sur l'ensemble des sujets.
Les divergences demeurent sur le fond
Le texte de l'annonce ne fait état d'aucun accord sur les questions les plus épineuses, notamment l'avenir du programme nucléaire iranien. Les médias d'État iraniens ont rapporté que les pourparlers avaient principalement porté sur le Liban et n'avaient pas abordé le dossier nucléaire. Le directeur de la compagnie pétrolière nationale iranienne, Hamid Bovard, a indiqué à la presse officielle que la levée des sanctions pesant sur le secteur pétrolier et les industries connexes avait également été discutée.
Téhéran avait posé la fin de la guerre au Liban comme une condition préalable à la poursuite des discussions, selon les médias d'État iraniens. Le ministre iranien des Affaires étrangères, Abbas Araghchi, a estimé que des "progrès majeurs" avaient été accomplis sur ce point, mais a présenté la mise en œuvre de la cellule de déconfliction comme un premier test concret.
Tensions entre Washington et Téhéran
La route vers un accord de paix durable reste semée d'obstacles. Le président américain a renouvelé ses menaces à l'encontre de l'Iran, déclarant au média Fox News qu'il pourrait faire "tout ce qu'il veut" après l'échéance de soixante jours, et mettant en garde le président iranien Masoud Pezeshkian.
Le chef de la délégation iranienne, le président du Parlement Mohammad Ghalibaf, a répliqué sur les réseaux sociaux en appelant les États-Unis à la prudence dans leurs menaces, affirmant que les forces armées iraniennes étaient prêtes à réagir. La délégation iranienne, qui a passé dix-huit heures à négocier, a regagné Téhéran lundi matin.
Le détroit d'Ormuz au cœur des incertitudes
L'accord préliminaire conclu entre les deux pays il y a plus d'une semaine prévoyait que le détroit d'Ormuz resterait ouvert pendant la période de soixante jours. Toutefois, la situation est devenue confuse samedi, lorsque l'Iran a affirmé fermer cette voie d'eau en raison des combats au Liban. L'armée américaine a pour sa part indiqué que le trafic maritime continuait normalement.