À moins d'un an du premier tour de l'élection présidentielle de 2027, la fragmentation du camp de la droite et du centre suscite une inquiétude croissante. Les candidatures d'Édouard Philippe, Gabriel Attal et Bruno Retailleau coexistent sans qu'aucun mécanisme de départage clair n'émerge, faisant craindre une dispersion fatale face au Rassemblement national et à Jean-Luc Mélenchon. Dans ce contexte, plusieurs figures politiques multiplient les initiatives informelles pour tenter de rapprocher les prétendants.

Michel Barnier en rassembleur Début juin, l'ancien Premier ministre Michel Barnier a réuni plusieurs dizaines d'élus issus de l'ex-socle commun (LR, Renaissance, Horizons, Modem). Son objectif affiché : fédérer les forces politiques qu'il a brièvement dirigées lors de son passage à Matignon en 2024. Selon des participants, Barnier estime que la droite et le centre doivent se retrouver avant la fin de l'année sous peine d'arriver trop tard. Sa position se veut dépositaire de cet espace politique, même si ses propres ambitions élyséennes ne sont pas un secret.

Le « comité de liaison » sous tension Parallèlement, le « comité de liaison » initié par Gabriel Attal s'est réuni pour la deuxième fois. Cette instance informelle réunit des émissaires d'Horizons, de Renaissance, du Modem et de l'UDI, mais exclut Les Républicains. Lors de cette rencontre, un désaccord a failli faire éclater le groupe : Gabriel Attal a relancé l'idée d'une primaire pour départager les candidats, provoquant des tensions. Finalement, les échanges ont été jugés « positifs » par un participant soucieux de préserver la fragile survie du dialogue.

Des divergences de fond persistantes Si les appels à l'unité se multiplient, les obstacles restent nombreux. Un député proche d'Emmanuel Macron confie qu'il est « difficile de débrancher une campagne » tant que les sondages ne tranchent pas nettement entre Philippe et Attal. Actuellement, l'ancien maire du Havre reste favori, mais l'écart se resserre. Par ailleurs, l'opposition idéologique entre Gabriel Attal et Bruno Retailleau rend toute alliance improbable. Un ministre LR espère qu'Édouard Philippe pourra jouer un rôle pivot, mais rien n'indique une issue rapide.

Menace d'un « crash collectif » Du côté des Républicains, un sénateur proche de Bruno Retailleau qualifie les discussions du comité de liaison de « combinazione dignes de la IVᵉ République », estimant que les candidats « marqués du sceau du macronisme vont subir une lourde défaite ». Gérard Larcher, président LR du Sénat, a également appelé à l'unité, mais sans résultat visible. Alors que les échéances se rapprochent, la crainte d'un éparpillement fatal domine les débats dans les couloirs de l'Assemblée et du Sénat.