Un premier meeting pour lancer la dynamique

Gabriel Attal a franchi une nouvelle étape dans sa campagne présidentielle samedi en réunissant entre 4 000 et 5 000 personnes au Parc des Expositions de la Porte de Versailles, à Paris. Ce lieu symbolique, où Emmanuel Macron avait enflammé ses soutiens en décembre 2016, a servi de cadre à un rassemblement moins électrique mais néanmoins fondateur pour le patron de Renaissance. Une semaine après s'être déclaré candidat dans l'Aveyron, l'ancien Premier ministre a cherché à imprimer son style et à poser les jalons de son programme.

Quatre chantiers prioritaires et des objectifs ambitieux

Devant ses partisans, Gabriel Attal a détaillé ses axes de travail : l'école, les salaires, les frontières et l'intelligence artificielle. Il a également formulé des promesses chiffrées, comme la résorption du déficit public en dix ans et la réduction de moitié des émissions de gaz à effet de serre sur la même période, sans toutefois préciser les modalités pour y parvenir. Le candidat a aussi évoqué l'organisation de référendums réguliers, un renforcement des compétences des collectivités locales, une réforme des retraites sans âge légal et une refonte du modèle social.

Un soutien mesuré et des absences notables

Si l'assistance a accueilli favorablement ce discours de cadrage, les réactions dans le camp macroniste sont plus nuancées. Le député Ensemble pour la République (EPR) Marc Ferracci a salué un meeting qui « a posé sa candidature », estimant que ce n'était pas encore le moment des propositions détaillées. Il a toutefois mis en garde : « Gabriel Attal a affiché des ambitions fortes. Elles vont l'obliger à prendre des risques en proposant les réformes nécessaires pour atteindre ces ambitions. Or ces réformes sont toujours politiquement délicates. »

Feracci, qui dit ne pas avoir encore fait son choix entre Gabriel Attal et Édouard Philippe, prévoit d'assister au meeting du maire du Havre prévu le 5 juillet. Plusieurs figures de Renaissance étaient absentes du rassemblement parisien, à l'image d'Élisabeth Borne, Aurore Bergé et Yaël Braun-Pivet. La présence de Christophe Castaner, proche de la première heure d'Emmanuel Macron, a toutefois rassuré les « attalistes ». Selon le parti, quatre-vingts parlementaires – anciens élus compris – avaient fait le déplacement, mais tous n'ont pas encore officiellement apporté leur soutien au secrétaire général de Renaissance.

Des piques à peine voilées contre le maire du Havre

Le candidat s'est posé en rassembleur, déclarant : « Nous serons prêts à accueillir celles et ceux qui veulent nous rejoindre, s'engager pour le pays. Jamais nous ne jouerons au jeu des petites phrases, des attaques basses, des pics puérils. Le rassemblement commence et il se fera derrière nous, alors nous serons à la hauteur. » Cette déclaration n'a pourtant pas empêché Gabriel Attal de tacler à plusieurs reprises son concurrent direct, Édouard Philippe, en faisant référence au « côté obscur » de ce dernier, qui promet « le sang et les larmes ». Cette opposition de style et de rythme entre les deux anciens Premiers ministres s'installe durablement dans le paysage politique.

Un duel qui s'installe pour l'été

Derrière Édouard Philippe dans les sondages, Gabriel Attal espère combler son retard au cours de l'été en intensifiant sa campagne, tandis que le maire du Havre prévoit également d'accélérer le rythme. La compétition entre les deux hommes s'annonce longue et devrait occuper tout l'été. Dans ce contexte, les appels à une candidature unique de la droite et du centre se multiplient, alors que Jean-Luc Mélenchon s'est déjà mis en ordre de bataille et que le Rassemblement National (RN) doit clarifier sa position à partir du 7 juillet, une fois le verdict du procès de Marine Le Pen connu.

Les inquiétudes de la droite et du centre

Le président du Sénat, Gérard Larcher, a réitéré son souhait de voir émerger un candidat unique pour le premier tour, déclarant à « La Tribune Dimanche » : « Si on veut être qualifié pour le second tour, il ne nous faudra qu'un candidat ou qu'une candidate au premier tour. » Il espère qu'un « système » sera trouvé d'ici la fin de l'année pour départager les prétendants. Pour l'instant, Gabriel Attal, Édouard Philippe et Bruno Retailleau affirment tous trois qu'ils iront jusqu'au bout et rejettent l'idée d'une primaire. Le président des Républicains a notamment martelé dans une interview au « JDD » : « Edouard Philippe et Gabriel Attal ont été premiers ministres d'Emmanuel Macron. Je n'imagine pas un instant que les Français veuillent une saison 3 du macronisme. »