À un an du scrutin présidentiel, la compétition pour la succession d'Emmanuel Macron se cristallise autour des candidatures déclarées de Gabriel Attal et d'Édouard Philippe. Pourtant, une frange importante de la majorité refuse de prendre parti. Des personnalités influentes comme Gérald Darmanin, François Bayrou, Yaël Braun-Pivet, Bruno Le Maire ou encore Christophe Castaner entendent conserver leur liberté et ne se rangent ni derrière l'ancien Premier ministre ni derrière le maire du Havre. Ces « non-alignés » incarnent une pluralité de sensibilités compliquant la quête d'une candidature unique.

Un spectre d'ambitions et de réserves

Plusieurs de ces figures ne cachent pas leurs propres ambitions présidentielles. Gérald Darmanin n'a jamais exclu de se porter candidat, tout comme Bruno Le Maire. D'autres, à l'image de François Bayrou, président du MoDem, entendent peser sur les négociations et les alliances futures sans se précipiter dans un camp. Certains, comme Yaël Braun-Pivet, estiment que le débat doit d'abord porter sur le projet plutôt que sur les personnes. Ces positions multiples illustrent la fragmentation d'un bloc qui peinait déjà à trouver un cap commun après la dissolution de 2024.

Les premiers meetings renforcent les clivages

Le meeting de Gabriel Attal à Paris, fin mai, a donné le coup d'envoi de sa campagne. L'ancien Premier ministre y a présenté les axes de son projet, s'efforçant de rassembler l'aile gauche et centriste de la macronie. Édouard Philippe, qui dispose d'une longueur d'avance dans les sondages et d'une solide implantation locale, mise pour sa part sur un discours d'ordre et d'autorité. Leurs lignes politiques divergent suffisamment pour que leurs partisans respectifs se montrent peu enclins à faire des compromis. Actuellement, aucun des deux candidats ne parvient à réunir la totalité des ténors de la majorité, ce qui fragilise l'hypothèse d'une primaire interne.

Vers une multiplication des candidatures ?

Ce refus de rallier un camp laisse planer la menace d'une dispersion des voix au premier tour. Certains de ces « non-alignés » pourraient être tentés de se présenter sous leur propre bannière, fragmentant davantage l'électorat centriste. Si aucun accord de désistement n'est trouvé, plusieurs candidatures issues de la majorité pourraient concurrencer Attal et Philippe, affaiblissant leurs chances de qualification pour le second tour. Pour l'heure, aucun d'entre eux n'a accepté de jouer les seconds rôles, chacun attendant probablement le moment opportun pour se positionner.

Une incertitude qui profite aux oppositions

Cette situation bénéficie indirectement aux formations adverses. À gauche comme au Rassemblement national, on observe avec attention les divisions de la macronie. La perspective d'une primaire ouverte – évoquée par certains – semble peu probable en raison des divergences stratégiques et des egos. La question centrale demeure : la majorité saura-t-elle surmonter ses fractures pour présenter un candidat unique, ou bien le duel Attal-Philippe se transformera-t-il en une série de candidatures concurrentes offrant un avantage certain à leurs rivaux. Les prochains mois seront déterminants pour la structuration du paysage politique en vue de l'élection de 2027.