L’association de consommateurs Consommation Logement Cadre de Vie (CLCV) a rendu publique une étude qui met en lumière l’opacité et la forte variabilité des tarifs pratiqués sur les bornes de recharge publiques pour véhicules électriques. Qualifiant la situation de « véritable loterie tarifaire », l’enquête s’appuie sur l’analyse de plus de 200 000 connecteurs de recharge sur l’ensemble du territoire français, sur une période de deux ans.
Contrairement aux carburants, dont les prix sont affichés et directement comparables, la recharge électrique souffre d’une multiplicité de modes de facturation et d’intervenants. Les opérateurs de bornes assurent l’installation et la maintenance des infrastructures. À ceux-ci s’ajoutent les opérateurs de mobilité (MSP), qui commercialisent l’accès aux réseaux via des badges ou des applications, et qui fixent leurs propres conditions tarifaires indépendamment des coûts techniques de la borne. Enfin, des plateformes d’interopérabilité facilitent l’accès entre différents réseaux, mais peuvent introduire des coûts supplémentaires via des accords commerciaux.
Écarts de prix importants
L’étude révèle des écarts de prix significatifs. Pour une recharge en courant alternatif triphasé, un automobiliste peut payer 0,36 euro/kWh en accès direct (paiement ad hoc sur la borne), tandis que certains opérateurs de mobilité facturent jusqu’à 1,033 euro/kWh, soit une différence de près de 190 %. La comparaison est rendue difficile par la coexistence de plusieurs modes de facturation : prix au kilowattheure, à la minute, forfait par session, auxquels s’ajoutent parfois des frais de connexion, de stationnement ou d’itinérance.
Des disparités locales marquées
L’enquête met également en évidence des variations selon les territoires. À l’échelle locale, les écarts entre le tarif minimum et maximum observés sur un même réseau peuvent dépasser 100 %, et atteindre plus de 200 % dans certains cas. Dans les Alpes-Maritimes, par exemple, les tarifs sur des bornes de 22 kW d’un même opérateur varient de 0,328 euro/kWh à 1,162 euro/kWh. Ces disparités reflètent la complexité d’un marché où coexistent opérateurs de bornes, opérateurs de mobilité et plateformes d’interopérabilité.
Un appel à une meilleure régulation
La CLCV appelle à une plus grande lisibilité des offres, afin que les consommateurs puissent comparer les prix avant de choisir leur fournisseur de service de recharge. L’association souligne que la transparence tarifaire est un préalable à une adoption plus large de la mobilité électrique, alors que le gouvernement ambitionne de multiplier par cinq le nombre de bornes de recharge sur les autoroutes d’ici 2035.