Une finale maîtrisée
La Russe Mirra Andreeva a remporté, samedi 6 juin, son premier tournoi du Grand Chelem en battant la Polonaise Maja Chwalinska, issue des qualifications, sur le score de 6-3, 6-2 en finale du simple dames de Roland-Garros. La rencontre, disputée sur le court Philippe-Chatrier, a duré à peine plus d'une heure, la jeune joueuse de 19 ans imposant sa puissance et sa constance face à une adversaire classée 114e mondiale.
Chwalinska, 24 ans, tentait de devenir la première qualifiée à remporter le titre porte d'Auteuil, mais elle n'a jamais trouvé la clé face au jeu offensif d'Andreeva, huitième joueuse mondiale. La Polonaise a pourtant montré de la résistance en début de match, mais la Russe a breaké à 3-3 dans la première manche avant de dérouler.
Un record de précocité
Avec cette victoire, Mirra Andreeva (19 ans et 39 jours) devient la plus jeune lauréate de Roland-Garros depuis Monica Seles, qui avait 16 ans et demi lors de son premier sacre en 1990 et 18 ans lors de son troisième titre consécutif en 1992. La Russe est également la première joueuse de moins de 20 ans à soulever le trophée depuis Iga Swiatek en 2020. Elle succède aussi à Maria Sharapova comme première Russe victorieuse en Grand Chelem, la dernière en date étant la championne de 2014.
Un parcours fulgurant
Née le 29 avril 2007 à Krasnoïarsk, en Sibérie, Andreeva a découvert le tennis à six ans en accompagnant sa sœur aînée Erika aux entraînements. La famille a quitté la Russie pour Sotchi, puis a rejoint Cannes en 2022, où la jeune prodige s'est formée à l'académie Jean-René Lisnard.
Sa progression sur le circuit WTA a été spectaculaire. Après ses débuts en 2023, elle a atteint les demi-finales de Roland-Garros l'année suivante, puis remporté son premier titre à Iasi (Roumanie). En février 2025, elle est devenue, à 17 ans et 299 jours, la plus jeune joueuse à gagner un WTA 1000, à Dubaï, avant de triompher à Indian Wells en battant coup sur coup la numéro 2 mondiale Iga Swiatek et la numéro 1 Aryna Sabalenka. Ces succès l'ont propulsée à la cinquième place mondiale.
Un mental renforcé
La jeune championne a dû surmonter des difficultés extra-sportives. Dès 14 ans, elle a été la cible de violentes attaques sur les réseaux sociaux, qui l'ont terrifiée. Aujourd'hui, elle travaille avec une psychologue pour développer des techniques de gestion mentale : chantonner intérieurement pendant les échanges ou visualiser un panneau « Stop » rouge pour bloquer les pensées négatives.
Sa collaboration avec l'Espagnole Conchita Martinez, championne de Wimbledon 1994 et finaliste à Roland-Garros en 2000, a été déterminante. « On s'est dit qu'il y avait une connexion entre nous, une alchimie », a résumé la coach de 53 ans. Andreeva, de son côté, évoque une « confiance totale » envers son entraîneuse.
Un rêve d'enfant
Dès son plus jeune âge, Andreeva affichait des ambitions démesurées : en 2023, elle déclarait vouloir remporter 25 titres majeurs, un de plus que les détenteurs du record, Margaret Court et Novak Djokovic. « C'est mon plus grand rêve », a-t-elle confié après sa victoire, tout en précisant ne pas vouloir s'arrêter là. Hors du court, elle cultive une légèreté qui contraste avec son sérieux en match, collectionnant notamment un pin's à épingler à son accréditation après chaque victoire à Paris.