Le ministre de l’Économie et des Finances, Roland Lescure, a estimé que la Cour des comptes avait « raison » de pointer les tensions à venir sur l’exécution du budget 2026. Dans un entretien accordé au Figaro, il qualifie cette année budgétaire de « compliquée » et adhère au diagnostic de la haute juridiction financière.
« La Cour des comptes a raison », a déclaré Roland Lescure, reprenant à son compte les alertes émises par l’institution. Il anticipe des difficultés concrètes pour tenir les équilibres votés, alors que la majorité doit composer avec des recettes incertaines et des dépenses sous pression.
Ouverture au compromis sur le budget 2027
Dans le même entretien, le ministre s’est dit prêt à accepter des compromis avec le Parlement lors de l’examen du prochain budget 2027. Il a laissé entendre qu’il pourrait même aller jusqu’à quitter ses fonctions si cela s’avérait nécessaire pour permettre un accord. Cette déclaration intervient alors que les discussions budgétaires s’annoncent serrées, entre les demandes de plusieurs ministères et les contraintes de la trajectoire financière.
Roland Lescure a ainsi voulu montrer sa détermination à aboutir à un texte de loi de finances malgré les divergences politiques. « Je suis prêt à aller au compromis, même au prix de mon poste », a-t-il confié, soulignant que l’intérêt du pays devait primer sur les considérations personnelles.
Un contexte budgétaire tendu
L’année 2026 s’annonce délicate pour l’exécutif. Le ministre a rappelé que les prévisions de croissance et de recettes fiscales devaient être régulièrement révisées, rendant l’équilibre budgétaire fragile. La Cour des comptes, dans son dernier rapport, avait déjà mis en garde contre un risque de dérapage si des mesures correctrices n’étaient pas prises rapidement.
Roland Lescure a également évoqué la nécessité de maintenir le cap de la réduction des déficits, tout en répondant aux attentes sociales et économiques. Il a insisté sur le fait que chaque ministère devait présenter des propositions « réalistes », comme l’a récemment demandé le Premier ministre Sébastien Lecornu lors de réunions à Matignon.
Un signal politique fort
Cette ouverture à des concessions parlementaires pourrait faciliter l’adoption du budget 2027, alors que la majorité relative ne dispose que d’une marge étroite à l’Assemblée nationale. En se disant prêt à sacrifier son portefeuille pour un accord, Roland Lescure envoie un signal aux différents groupes parlementaires, les invitant à faire preuve de responsabilité.
Les discussions sur le prochain budget devraient s’intensifier dans les prochaines semaines, avec des arbitrages clés attendus avant la présentation officielle du texte à l’automne. La position affichée par le ministre de l’Économie pourrait redessiner les équilibres politiques et permettre un vote plus serein.