Le Premier ministre britannique, Keir Starmer, devrait annoncer dans les prochains jours un durcissement des règles concernant l'accès des mineurs aux réseaux sociaux. Un discours est prévu la semaine prochaine pour présenter cette nouvelle politique, qui intervient après des mois de réflexion au sein du gouvernement.

Cette évolution marque un changement notable par rapport à la position antérieure du chef du gouvernement, qui se montrait jusqu'alors réticent à imposer des restrictions directes. Sous la pression des partis d'opposition — conservateurs et libéraux-démocrates — ainsi que de plusieurs dizaines de députés de son propre camp, l'exécutif a lancé en mars dernier une consultation publique sur une éventuelle interdiction.

Des options variées examinées

Depuis la clôture de cette consultation le mois dernier, les ministres ont étudié plusieurs scénarios. Parmi les pistes envisagées figure une interdiction totale pour les moins de 16 ans, sur le modèle de ce qui a été mis en œuvre en Australie. Des discussions ont également porté sur la possibilité d'exempter certaines fonctionnalités des plateformes jugées moins nocives.

À l'issue de la consultation, Keir Starmer s'était engagé à prendre des mesures « décisives », promettant un changement « révolutionnaire » dans la protection des plus jeunes en ligne. Bien que les contours précis du dispositif ne soient pas encore connus, un haut responsable gouvernemental a indiqué que les restrictions seraient annoncées « dans les jours à venir ».

Un calendrier politique chargé

La semaine prochaine s'annonce particulièrement dense pour le Premier ministre. Il doit en effet participer au sommet annuel du G7, qui se tient en France, tout en suivant l'élection partielle de Makerfield, prévue jeudi. Andy Burnham est le candidat du Parti travailliste dans cette circonscription.

Cette annonce s'inscrit dans un contexte plus large de réflexion sur l'encadrement du numérique. Le gouvernement britannique a déjà mené des expérimentations, notamment des interdictions temporaires des réseaux sociaux et des « couvre-feux numériques » testés sur des adolescents. Des directives officielles sur l'utilisation des écrans par les enfants ont également été publiées.

Une pression politique et parentale

Le revirement de Keir Starmer intervient alors que les préoccupations des parents concernant la sécurité en ligne de leurs enfants n'ont cessé de croître. La pression exercée par l'opposition et une partie de la majorité parlementaire a conduit le gouvernement à accélérer le processus. Selon des sources proches du dossier, la consultation publique a recueilli un large soutien en faveur de mesures plus strictes.

Cette initiative intervient quelques mois seulement après que le Premier ministre a demandé à Apple et Google de supprimer les images de nudité sur les téléphones des enfants, illustrant une volonté d'agir sur plusieurs fronts pour protéger les mineurs dans l'environnement numérique.

Des implications pour les plateformes

Si elle se concrétise, cette nouvelle réglementation pourrait avoir des conséquences majeures pour les géants du secteur, qui devront adapter leurs services pour se conformer aux règles britanniques. La question de la vérification de l'âge des utilisateurs reste centrale dans les discussions.

L'annonce prévue la semaine prochaine devrait préciser le périmètre exact des restrictions et le calendrier de leur mise en œuvre. Les observateurs s'attendent à ce que le gouvernement opte pour une approche graduelle, combinant interdictions et mesures d'accompagnement.