Le 3 juillet, la présidente par intérim Delcy Rodríguez a présenté un nouveau bilan des tremblements de terre qui ont secoué le pays le 26 juin. Selon ses déclarations, le nombre de victimes s’élève désormais à 2 595 morts et plus de 12 400 blessés. Des milliers de personnes sont toujours portées disparues, a-t-elle précisé, sans donner de chiffre exact.

« Nous n’avons pas attendu un jour, deux jours ou trois jours. Nous avons agi immédiatement », a affirmé Rodríguez lors d’une conférence de presse destinée aux médias étrangers. Arborant un ruban noir en signe de deuil, la dirigeante a vivement réagi aux accusations de lenteur et de désorganisation formulées à l’encontre de son administration.

Des critiques jugées « indignes »

L’organisation non gouvernementale International Rescue Committee avait notamment estimé, quelques jours plus tôt, que l’ampleur de la réponse humanitaire ne répondait pas aux besoins sur le terrain. Rodríguez a qualifié ces reproches de « récits fabriqués dans des laboratoires de propagande » et a dénoncé toute tentative de « politiser une tragédie humanitaire », la jugeant « indigne ».

« Naturellement, là où les bâtiments se sont effondrés, les premiers arrivés étaient les survivants eux-mêmes, les proches et les voisins », a-t-elle ajouté, justifiant les délais d’intervention des secours officiels.

Opérations de secours et sinistrés

Les recherches se poursuivent sur les décombres, mais l’espoir de retrouver d’autres survivants s’amenuise. De nombreux sauveteurs, bénévoles et familles concentrent désormais leurs efforts sur la récupération des corps. Parallèlement, des milliers de sinistrés continuent de dormir dans des abris de fortune, souvent surpeuplés.

Ce nouveau bilan, en forte hausse par rapport aux 1 700 morts annoncés une semaine plus tôt, attise la colère d’une partie de la population, qui reproche aux autorités un manque d’organisation et de moyens. La gestion de la catastrophe devient ainsi un enjeu politique majeur dans un pays déjà fragilisé par une profonde crise économique.

Pas de trêve dans les tensions politiques

Les déclarations de Delcy Rodríguez interviennent dans un climat de vives tensions entre le pouvoir et l’opposition. Celle-ci accuse le gouvernement d’avoir tardé à mobiliser les secours et de conditionner l’aide humanitaire. De son côté, l’exécutif appelle à l’unité nationale et rejette toute critique qu’il assimile à une manœuvre de déstabilisation.

Alors que le pays tente de faire face à l’ampleur de la catastrophe, les regards se tournent aussi vers la communauté internationale, dont l’aide a commencé à affluer, mais dont l’acheminement et la distribution restent sources de controverses.