La deuxième victoire consécutive du Paris Saint-Germain en Ligue des champions, acquise samedi 30 mai à Budapest face à Arsenal, a été marquée par des débordements dans plusieurs villes françaises. Le ministre de l'Intérieur, Laurent Nuñez, a communiqué un premier bilan dans la nuit de samedi à dimanche, faisant état de 416 interpellations sur l'ensemble du territoire. Sur ce total, 283 personnes ont été appréhendées dans la seule agglomération parisienne. Sept policiers ont été blessés durant ces affrontements, dont l'un grièvement.
« Ces débordements sont absolument inacceptables », a déclaré Laurent Nuñez lors d'un point presse tenu vers 01h30, tout en qualifiant les faits de « totalement intolérables ». Le ministre avait pourtant annoncé en amont de la rencontre un dispositif de sécurité hors norme, avec 22.000 policiers et gendarmes déployés en France, dont 8.000 pour Paris et sa région. Dans un télégramme adressé aux préfets, il avait ordonné la plus grande fermeté face à d'éventuels troubles, prônant une « tolérance zéro ».
Des scènes de pillage et de dégradations
À Paris, les secteurs du Parc des Princes et des Champs-Élysées ont été les principaux foyers de tensions. Six véhicules et deux commerces (une boulangerie et un restaurant) ont été dégradés dans le 16e arrondissement. La préfecture de police, qui avait comptabilisé 4.000 à 5.000 personnes sur l'avenue des Champs-Élysées pendant le match, a vu l'affluence grimper à plusieurs milliers supplémentaires après la rencontre. Des tirs de feux d'artifice et de mortiers ont été dirigés contre les forces de l'ordre, qui ont répliqué avec des gaz lacrymogènes. Le commissariat du 8e arrondissement a également été pris pour cible, mais les assaillants ont été dispersés.
« Quatre tentatives de blocage du périphérique ont entraîné des interventions extrêmement rapides des forces de l'ordre qui ont débloqué systématiquement la situation », a précisé le ministre. Des vidéos diffusées sur les réseaux sociaux montrent des individus en train de piller un magasin Darty Cuisine situé avenue Wagram. Un journaliste de l'AFP a également observé des jeunes grimper sur un camion de pompiers.
Des incidents ont aussi été signalés en province. À Rennes, des scènes de pillage ont été rapportées. À Clermont-Ferrand, une centaine de jeunes se sont attaqués aux policiers à l'aide de mortiers et de jets de bouteilles en verre.
Un contexte de forte affluence et d'événements simultanés
La capitale vivait une soirée particulièrement dense, avec plusieurs grands rassemblements programmés en même temps que la finale : les concerts d'Aya Nakamura au Stade de France, de Damso à Paris La Défense Arena et de Bouss à l'Accor Arena, ainsi que la suite du tournoi de Roland-Garros et un match de rugby au stade Jean-Bouin, situé juste en face du Parc des Princes. Le parquet de Paris avait renforcé son dispositif en mobilisant jusqu'à sept magistrats, notamment au parquet des mineurs, pour traiter les auteurs de troubles à l'ordre public.
Malgré ces violences, la parade des joueurs parisiens est maintenue ce dimanche après-midi au Champ-de-Mars, où 85.000 à 100.000 personnes sont attendues. Les joueurs doivent ensuite être reçus à l'Élysée par le président de la République. L'an dernier, après le premier sacre du PSG, un bilan de 563 interpellations (dont 491 à Paris) et 307 gardes à vue avait été dressé.