Sony Interactive Entertainment a officialisé une décision majeure qui marque un tournant dans l’histoire du jeu vidéo : à compter de janvier 2028, les nouveaux titres destinés aux consoles PlayStation ne seront plus commercialisés sous forme de disques physiques. Seule la distribution numérique sera maintenue, que ce soit via le PlayStation Store ou chez les revendeurs. L’information a été publiée le 1ᵉʳ juillet 2026 sur le blog officiel de la marque, sous la signature de Sid Shuman, directeur senior de la communication pour les contenus.

Un abandon progressif justifié par les habitudes des consommateurs

Dans son message, Sony explique que cette évolution « répond aux tendances des consommateurs, la préférence générale pour le support numérique dépassant largement celle pour les disques physiques ». Les chiffres récents communiqués aux investisseurs indiquent que près de quatre achats de jeux complets sur cinq (PS4 et PS5) sont désormais effectués en version dématérialisée. La société juge donc « naturel » de s’aligner sur les pratiques de sa communauté.

Sony précise que cette mesure ne concerne que les jeux dont la sortie est postérieure à janvier 2028. Les titres déjà lancés ou programmés avant cette date continueront d’être édités sur disque. Le constructeur assure par ailleurs qu’il reste engagé à proposer des points de vente physiques, mais sous une forme encore à définir – il pourrait s’agir de boîtes renfermant un code de téléchargement plutôt qu’un disque.

Un double signal fort avec la fermeture des boutiques PS3 et PS Vita

Le même jour, Sony a annoncé la fermeture prochaine du PlayStation Store sur PlayStation 3 et PS Vita. Le processus débutera dès août 2026 au Mexique, au Honduras et au Nicaragua, suivi de plusieurs pays d’Amérique latine et du Moyen-Orient fin 2026. Dans tous les autres territoires, les boutiques en ligne de ces deux machines cesseront définitivement leur activité en juillet 2027. Après ces dates, il ne sera plus possible d’effectuer de nouveaux achats, mais les contenus déjà acquis resteront téléchargeables « pour un avenir prévisible », selon le communiqué.

Sid Shuman justifie cette décision par l’évolution des systèmes de paiement modernes que les anciennes consoles ne peuvent plus prendre en charge : « PS3 et PS Vita ne sont plus en mesure de supporter ces mises à jour au niveau requis », écrit-il. Sony ajoute vouloir concentrer ses ressources sur les plateformes actuelles (PS5, PS VR2) et sur les générations à venir.

Quelles implications pour la PlayStation 6 ?

Cette annonce alimente immédiatement les spéculations sur la future console de Sony, généralement désignée sous le nom de PlayStation 6. Pour Piers Harding-Rolls, analyste senior chez Ampere Analysis, interrogé par plusieurs médias, ce calendrier « garantit pratiquement que la PS6 n’arrivera pas avant 2028 au plus tôt ». Il estime également que « la version de base d’une PS6 n’inclura pas de lecteur de disque physique », dans un souci de maîtrise des coûts. Sony, pour l’heure, ne communique ni sur la date de sortie ni sur les caractéristiques techniques de sa prochaine console.

Un virage amorcé depuis plusieurs années

L’industrie du jeu vidéo observait depuis longtemps un déclin du support physique. Les PC sont passés au tout-numérique il y a déjà plusieurs années, portés par des plateformes comme Steam. Sur consoles, Sony et Microsoft avaient lancé en 2020 des versions de leurs machines (PS5 Digital Edition, Xbox Series S) dépourvues de lecteur optique. En 2024, Phil Spencer, alors à la tête de la division Xbox, déclarait que l’industrie suivait simplement « ce que les clients font », ajoutant que le jeu vidéo était devenu un secteur atypique en maintenant le support des disques.

La fin annoncée des disques PlayStation, couplée à la fermeture des magasins en ligne des anciennes générations, dessine un futur où l’accès aux jeux reposera exclusivement sur la dématérialisation. Les collectionneurs et amateurs de supports tangibles perdent un repère historique, tandis que les joueurs devront s’adapter à des pratiques déjà bien implantées dans d’autres industries culturelles.