Une transition programmée vers le tout-numérique
Sony Interactive Entertainment a annoncé, le 1er juillet 2026, l’arrêt définitif de la production de disques physiques pour l’ensemble des nouveaux jeux destinés à ses consoles PlayStation. Cette mesure entrera en vigueur en janvier 2028, date à laquelle tous les titres inédits ne seront proposés qu’au format numérique, via le PlayStation Store ou sous la forme de codes d’activation vendus dans les magasins physiques. Les jeux déjà commercialisés ou dont la sortie est prévue avant cette échéance continueront d’être disponibles en disque.
La décision a été officialisée par Sid Shuman, directeur senior de la communication chez Sony Interactive Entertainment, sur le blog officiel de la marque. Il explique que ce virage répond à « l’évolution des tendances de consommation et des préférences des utilisateurs », la demande pour les supports numériques dépassant désormais largement celle pour les disques. Sony indique vouloir concentrer ses efforts sur l’innovation dans les modes d’accès aux jeux et offrir davantage de choix aux acheteurs, qu’ils passent par les revendeurs traditionnels ou la plateforme en ligne.
Un déclin annoncé par les chiffres
Les statistiques communiquées par Sony aux investisseurs montrent que près de quatre achats de jeux complets sur cinq (pour PS4 et PS5) sont déjà effectués en version dématérialisée sur l’année écoulée. Cette tendance, accélérée par la pandémie de Covid-19 et les confinements, a poussé l’industrie à s’adapter. Le secteur du jeu sur PC a d’ailleurs basculé vers le numérique depuis plusieurs années, porté par des plateformes comme Steam. Sony et Microsoft avaient déjà lancé en 2020 des versions de leurs consoles dépourvues de lecteur de disque, anticipant ce mouvement.
Conséquences pour la prochaine génération de consoles
Ce calendrier suscite des interrogations sur la future console de Sony, probablement baptisée PlayStation 6. Un analyste du cabinet Ampere Analysis, Piers Harding-Rolls, estime que cette annonce « garantit presque que la PS6 n’arrivera pas avant 2028 au plus tôt ». Il ajoute que « la version de base de la PS6 n’inclura pas de lecteur de disque physique », afin de maîtriser les coûts de l’appareil. Sony n’a pour l’heure fourni aucune information sur la PS6, ni sur une éventuelle compatibilité avec les disques des anciennes générations.
Inquiétudes des joueurs et des collectionneurs
La fin du format physique suscite des réactions contrastées au sein de la communauté. De nombreux possesseurs de PlayStation déplorent la perte d’un objet tangible auquel ils étaient attachés depuis des décennies. Certains joueurs ayant investi dans une PS5 Pro et son lecteur de disque optionnel s’estiment lésés, ce périphérique devenant inutile pour les titres sortis après janvier 2028. Les collectionneurs dénoncent une « mort du jeu physique » et s’inquiètent de la préservation du patrimoine vidéoludique, les copies numériques n’étant souvent que des licences révocables par les éditeurs.
Clôture progressive du PlayStation Store sur PS3 et PS Vita
Dans le même communiqué, Sony a également dévoilé le calendrier de fermeture des boutiques en ligne de ses anciennes consoles. Le PlayStation Store sur PS3 cessera ses activités dans certains pays d’Amérique latine et du Moyen-Orient dès août 2026, avant une fermeture globale en juillet 2027. La boutique de la PS Vita sera définitivement inaccessible partout dans le monde à cette dernière date. Les utilisateurs pourront encore télécharger leurs achats antérieurs pendant une période indéterminée après la fermeture. Sony justifie cette décision par l’incapacité des systèmes vieillissants à prendre en charge les nouvelles normes de paiement et de sécurité.
Un tournant pour l’industrie
Avec cette annonce, Sony scelle le déclin du support physique dans l’univers du jeu vidéo sur console, après plus de cinquante ans d’existence depuis les premières cartouches. Le mouvement pourrait accélérer des décisions similaires chez d’autres constructeurs, alors que le marché du divertissement (cinéma, musique, télévision) s’est déjà largement converti au numérique et au streaming. Reste à savoir comment évoluera la question de la propriété des jeux et de la conservation des œuvres dans ce nouvel environnement dématérialisé.