Le groupe Stellantis a officialisé, au cours d'une conférence de presse tenue ce mercredi, un plan d'investissement d'un montant supérieur à un milliard d'euros destiné à ses installations en France. Sur cette enveloppe, environ 40 % seront affectés au site historique de Mulhouse (Haut-Rhin), qui devient ainsi le principal bénéficiaire de cette dotation. Ces sommes doivent servir à adapter les chaînes de montage pour la production de modèles électriques, alors que l'industrie automobile accélère sa mutation vers des motorisations sans émissions de CO₂.

L'usine alsacienne, qui emploie plusieurs milliers de salariés, est appelée à jouer un rôle central dans la stratégie d'électrification du constructeur. Les travaux d'installation des nouvelles lignes de fabrication devraient démarrer rapidement, ont précisé les responsables de Stellantis lors de l'annonce. Le reste du financement sera réparti entre d'autres sites français du groupe, sans que le détail des sommes allouées à chacun n'ait été communiqué.

Réaction du gouvernement

Interrogé sur cette décision, le ministre délégué chargé de l'Industrie et de l'Énergie, Roland Lescure, a estimé que le secteur automobile vit actuellement « un virage historique ». Il a souligné que cet investissement témoigne de la confiance du groupe dans le tissu industriel français et dans la capacité des usines hexagonales à produire des véhicules électriques à grande échelle. Le ministre a également rappelé que l'État soutient cette transition à travers divers dispositifs d'aide et d'accompagnement des entreprises.

Un enjeu de souveraineté industrielle

Cette annonce intervient alors que la concurrence s'intensifie sur le marché mondial du véhicule électrique, notamment face aux industriels chinois. En recentrant une partie de sa production électrique sur Mulhouse, Stellantis cherche à garantir des volumes suffisants tout en maintenant une empreinte industrielle en France. Les syndicats du site, qui redoutaient des délocalisations, ont accueilli favorablement la nouvelle, même s'ils attendent des garanties sur le volume d'emplois associé à ces nouvelles chaînes.

Le montant précis de l'investissement, qualifié de « plus d'un milliard d'euros », n'a pas été détaillé par le constructeur. Plusieurs sources concordent toutefois sur le fait que l'usine de Mulhouse bénéficiera de près de 400 millions d'euros directs. Cette somme inclut la modernisation des ateliers de carrosserie et de peinture, ainsi que l'installation de nouvelles batteries et de groupes motopropulseurs électriques.

Calendrier et perspectives

Stellantis n'a pas encore révélé les modèles précis qui seront fabriqués sur le site de Mulhouse, mais des observateurs estiment qu'il pourrait s'agir de la gamme de citadines électriques du groupe, notamment les futures Peugeot e-208 ou les petits SUV de la marque aux chevrons. Le calendrier de mise en production n'a pas non plus été officiellement communiqué, mais les premiers véhicules issus de ces nouvelles lignes pourraient sortir des chaînes d'ici la fin de l'année prochaine, selon des informations non confirmées.

Pour les collectivités locales, cet investissement constitue une bouffée d'oxygène après plusieurs années d'incertitude sur l'avenir du site. Les élus du Haut-Rhin ont d'ores et déjà salué la décision, tout en appelant à une vigilance sur les conditions de travail et l'emploi. Le gouvernement, de son côté, mise sur ce type d'engagement pour défendre sa stratégie de réindustrialisation et de transition écologique.

Un signal fort pour la filière

Au-delà de l'aspect financier, l'annonce de Stellantis est perçue comme un signe de stabilité pour l'ensemble de la filière automobile française, qui traverse une profonde recomposition. Alors que certains constructeurs réduisent leur empreinte en Europe, le choix de Mulhouse comme site de production électrique indique que le groupe entend maintenir une capacité industrielle significative dans l'Hexagone. Reste à savoir si ce mouvement sera accompagné d'autres investissements dans les années à venir, notamment sur les sites de Sochaux, Rennes ou Poissy.