Le groupe Stellantis a officialisé ce mardi 2 juin un plan d'investissement de plus d'un milliard d'euros en France. Cette enveloppe, déjà évoquée la semaine précédente par le chef de l'État, vise à assurer l'avenir de l'usine de Mulhouse, dans le Haut-Rhin, qui emploie environ 4 500 salariés. Le site est appelé à devenir l'un des piliers de la future stratégie industrielle du groupe.
Une répartition précise des fonds
Sur le montant global, la moitié, soit plus de 500 millions d'euros, sera consacrée à la recherche et au développement. Ces crédits doivent permettre de finaliser la plate-forme technique « STLA One », une architecture mondiale et modulable destinée à servir de base à plus de trente nouveaux modèles d'ici 2030. Cette plate-forme unique remplacera cinq plateformes actuelles et pourra accueillir différents gabarits et types de motorisations, notamment électriques et hybrides.
Environ 40 % de l'investissement, soit près de 400 millions d'euros, sera directement injecté dans le site de Mulhouse. Les 10 % restants seront répartis entre d'autres implantations du groupe en France. L'usine alsacienne, qui assemble aujourd'hui les Peugeot 308 et 408, produira à partir de 2029 trois nouveaux modèles de la marque Peugeot — berlines et SUV — équipés de motorisations électriques ou hybrides.
Un contexte de restructuration
Cette annonce intervient dans un climat de profondes mutations pour le groupe italo-franco-américain. Stellantis a enregistré une perte nette de 22,3 milliards d'euros en 2025 et a vu ses parts de marché reculer en Europe. Antonio Filosa, PDG du groupe, a présenté le 21 mai un plan stratégique visant à réduire les capacités de production européennes de 800 000 unités, suscitant des inquiétudes parmi les salariés français quant à un possible déséquilibre en faveur des activités américaines.
La confirmation de l'investissement français permet de lever certaines de ces craintes. Elle s'inscrit dans l'objectif annoncé par Stellantis de produire, d'ici 2030, la moitié de ses volumes mondiaux sur seulement trois plates-formes, avec jusqu'à 70 % de composants communs. Une telle standardisation doit améliorer la compétitivité du groupe.
Peugeot confirmée comme marque mondiale
Le choix de Mulhouse pour ces nouveaux modèles conforte également la place de Peugeot au sein de la stratégie du groupe. Antonio Filosa a en effet désigné quatre marques mondiales prioritaires : Peugeot, Fiat, Jeep et Ram. La marque au lion bénéficie donc d'une attention particulière dans le plan d'investissement.
Une délégation comprenant Antonio Filosa, le ministre de l'Économie Roland Lescure et le ministre de l'Industrie Sébastien Martin doit se rendre à Mulhouse pour présenter officiellement le projet aux équipes locales et aux partenaires sociaux. Cette visite devrait permettre de préciser le calendrier des travaux et les modalités de mise en œuvre.