La Commission européenne a cédé aux pressions. Alors que plusieurs voix s'élevaient pour dénoncer un système « qui ne marche pas » et prévenir d'un « chaos » annoncé dans les aéroports, Bruxelles a officiellement annoncé le report du déploiement du système d'entrée-sortie (EES) de l'Union européenne, équivalent de l'autorisation de voyage ESTA américaine pour les ressortissants de pays tiers.

Une décision prise sous la pression des acteurs du transport aérien

Ces dernières semaines, la compagnie low-cost Ryanair avait tiré la sonnette d'alarme, évoquant un risque de « chaos de files d'attente » si le dispositif entrait en vigueur comme prévu. Le groupe aérien n'était pas isolé : les aéroports de Rome avaient menacé de suspendre le nouveau système pour éviter ce qu'ils qualifiaient de « catastrophe » durant l'été. Les gestionnaires d'infrastructures aéroportuaires pointaient du doigt des tests jugés insuffisants et une absence de préparation des postes-frontières.

Un système techniquement perfectible

L'EES, qui doit remplacer le contrôle manuel des passeports par un système biométrique automatisé — utilisant empreintes digitales et reconnaissance faciale —, avait déjà accumulé des retards. Les critiques portaient sur le manque de fiabilité des équipements déployés dans certains aéroports et la lenteur du traitement en cas d'affluence. « Rien ne marche et le chaos était attendu dans les aéroports », résumaient certains observateurs, alors que la période estivale s'annonçait comme un test grandeur nature.

Un report pour éviter la paralysie estivale

En repoussant l'entrée en vigueur du système, la Commission entend donner aux États membres et aux exploitants d'aéroports le temps de se préparer. L'objectif affiché est d'éviter l'engorgement des points de passage aux frontières extérieures de l'espace Schengen, où des files d'attente interminables étaient redoutées à l'approche des vacances. Bruxelles a convoqué une réunion d'urgence avec les parties prenantes pour ajuster le calendrier et les modalités techniques.

Conséquences pour les voyageurs

Pour les passagers venant de pays non membres de l'UE, ce report signifie que le contrôle des passeports restera effectué manuellement, sans collecte automatisée des données biométriques, jusqu'à nouvel ordre. Les compagnies aériennes, qui craignaient des retards en cascade dus à des contrôles ralentis, accueillent favorablement ce sursis. Les autorités européennes, elles, assurent vouloir « un déploiement progressif et maîtrisé » pour ne pas pénaliser les voyageurs.

Un dossier qui s'enlise

Ce nouveau contretemps s'inscrit dans une série de reports depuis l'adoption du règlement instaurant l'EES. Initialement prévu pour 2022, le système a déjà été repoussé à plusieurs reprises, suscitant des interrogations sur la capacité de l'UE à mener à bien ce projet technologique d'envergure. La réunion d'urgence convoquée par la Commission devra déterminer une nouvelle échéance crédible.