Le président Donald Trump a appelé vendredi son nouvel homme de confiance à la tête par intérim du renseignement américain, Bill Pulte, à réaliser des coupes claires dans les effectifs de l'agence. Dans un entretien accordé au Wall Street Journal, le chef de l'État a estimé que son responsable temporaire disposait d'une marge de manœuvre accrue par rapport à un titulaire confirmé par le Sénat, ce qui, selon lui, faciliterait une réorganisation en profondeur.

« Être dans cette position vous donne en quelque sorte plus de pouvoir, vous savez, pour une période quelque peu limitée », a-t-il expliqué, ajoutant qu'il souhaite voir l'Office of the Director of National Intelligence (ODNI) « devenir plus petit ». M. Trump a précisé qu'il y avait selon lui « beaucoup de personnes qui ne devraient pas être là ».

Bill Pulte, actuellement à la tête de l'Agence fédérale de financement du logement (FHFA) et sans expérience connue dans le domaine du renseignement, a été désigné lundi par le président pour remplacer Tulsi Gabbard à la direction du renseignement national. Comme M. Pulte a déjà été confirmé par le Sénat pour son poste actuel, il peut exercer ses nouvelles fonctions pendant 210 jours sans passer par une nouvelle procédure de confirmation. Le président a précisé que M. Pulte ne serait pas nommé de manière permanente à ce poste.

Des licenciements ciblés en question

D'après les informations du Wall Street Journal, le président a évoqué la nécessité de se séparer d'agents ayant travaillé pour les deux derniers présidents démocrates et toujours en poste au sein des agences fédérales de renseignement. « Il devrait entamer le processus » de licenciement et d'allègement des services, a déclaré M. Trump.

« Franchement, il serait bon qu'il secoue les choses avant que les gens n'arrivent », a poursuivi le président, faisant référence à un éventuel futur candidat à la direction permanente de l'agence. Si M. Pulte parvenait à réduire la structure, « il pourrait faire une grande partie du travail difficile et nous n'aurions pas à en charger quelqu'un qui entrerait en fonction ensuite », a-t-il ajouté.

Bill Pulte s'est fait connaître ces derniers mois comme un exécutant zélé des volontés du président, consacrant plus d'un an à identifier ce qu'il a présenté comme des crimes commis par des personnes que M. Trump considère comme ses adversaires politiques. Ces cibles incluent des enquêteurs ayant travaillé sur les affaires visant le président ou des responsables d'institutions comme la Réserve fédérale, accusées par M. Trump d'agir avec des motivations politiques contre lui.

Des inquiétudes au Sénat

Ces propos et cette démarche suscitent l'inquiétude de plusieurs sénateurs républicains, qui redoutent que l'organe chargé de superviser la communauté du renseignement ne soit utilisé comme une arme politique. Les déclarations du président ne devraient pas apaiser les craintes de ces élus, alors qu'ils débattent du renouvellement d'une section controversée du Foreign Intelligence Surveillance Act (FISA), qui autorise la surveillance sans mandat de citoyens américains à l'étranger.

M. Trump a entretenu une défiance constante envers la communauté du renseignement, principalement en raison de l'enquête sur une éventuelle collusion entre son équipe de campagne de 2016 et la Russie. Il a également indiqué que l'élection de 2020, dont il conteste toujours la régularité malgré l'absence de preuves de fraude massive, est un dossier sur lequel il souhaite que Bill Pulte se concentre.

Tulsi Gabbard, prédécesseure de M. Pulte, bien que peu appréciée des républicains établis au Capitole, bénéficiait d'une expérience d'ancienne élue à la Chambre des représentants et de membre de la Garde nationale, un profil plus familier aux sénateurs que celui de M. Pulte, héritier d'une fortune immobilière.

M. Pulte n'a pas répondu aux demandes de commentaire.