Le président Donald Trump a annoncé mardi que Bill Pulte, un loyaliste, prendrait ses fonctions de directeur par intérim du renseignement national (ODNI) à compter du 19 juin. M. Pulte conservera parallèlement son poste à la tête de l'Agence fédérale de financement du logement (FHFA), cumul de responsabilités qui accroît les tensions avec le Congrès.
Cette nomination, qui intervient après le départ de Tulsi Gabbard, avait déjà suscité des inquiétudes parmi certains républicains et de vives critiques de la part des démocrates au Sénat. M. Pulte, qui ne possède aucune expérience connue en matière de sécurité nationale, pourrait, selon les propos du président, utiliser son mandat intérimaire pour purger l'office de ses opposants politiques présumés.
Pression sur le renouvellement de la loi FISA
Le climat politique autour de cette désignation compromet désormais le vote sur le renouvellement de la loi sur la surveillance du renseignement étranger (FISA), un texte essentiel pour les agences de renseignement. La controverse a amené plusieurs sénateurs à conditionner leur soutien à la loi, dont l'échéance approche.
M. Trump a réaffirmé sa volonté d'ignorer les critiques et de maintenir M. Pulte à ces deux postes. La semaine dernière, il avait déjà suggéré que son allié procède à des licenciements massifs au sein de l'ODNI, en ciblant notamment les employés ayant travaillé sous les administrations démocrates.
Enquête sur les « élections truquées »
Le président a également indiqué qu'il souhaitait que M. Pulte se penche sur ce qu'il qualifie d'« élections truquées », reprenant l'affirmation non fondée selon laquelle l'élection de 2020 lui aurait été volée. Son propre gouvernement avait pourtant conclu à l'époque à l'absence de fraude généralisée ayant affecté le résultat.
Un cumul de fonctions inédit
Le maintien de M. Pulte à la tête de la FHFA, qui supervise Fannie Mae et Freddie Mac, alors qu'il assume la direction du renseignement, est une situation sans précédent. Certains parlementaires ont exprimé des doutes quant à la capacité d'une seule personne à gérer deux agences aussi exigeantes. M. Pulte avait déjà utilisé son rôle à la FHFA pour mener, au nom du président, une campagne de représailles contre des personnes perçues comme des adversaires.
La nomination intérimaire à l'ODNI ne nécessite pas la confirmation du Sénat, contrairement à son poste permanent à la FHFA. Toutefois, la défiance entre la Maison-Blanche et le Congrès pourrait avoir des conséquences durables sur la coopération autour des questions de sécurité nationale.