Une première dans le monde du private equity
Le fonds d'investissement CVC Capital Partners a mené la cession de la société grecque de commerce électronique Skroutz en s'appuyant exclusivement sur un système d'intelligence artificielle pour orchestrer les échanges avec les repreneurs potentiels, une décision qui illustre la pénétration croissante de la technologie dans les métiers de la finance.
Des consultants numériques à la place des banquiers
Au lieu de faire appel à des banquiers d'affaires pour structurer et animer le processus de vente, CVC a mis en place un portail de données accessible via un lien. Ce portail fonctionnait comme un mémorandum d'investissement interactif. Un « analyste » virtuel, incarné par un agent conversationnel, se chargeait de répondre aux interrogations des acheteurs potentiels sur les données financières et les éléments de due diligence. Lorsque les questions nécessitaient un échange plus approfondi, le chatbot orientait les parties intéressées vers l'équipe de direction de Skroutz pour une discussion directe.
Un signe de transformation accélérée
Cette initiative marque une évolution notable dans l'industrie du capital-investissement, où les banquiers jouent traditionnellement un rôle clé de conseil et d'intermédiation. En automatisant une partie substantielle des tâches liées à la mise en vente d'une entreprise, CVC démontre que l'intelligence artificielle peut désormais assumer des responsabilités autrefois réservées à des experts humains, notamment dans la gestion des flux d'information et la qualification des acquéreurs.
Quel impact pour les métiers de la finance ?
Si l'expérience menée sur la cession de Skroutz ne concerne pour l'instant qu'un cas isolé, elle soulève des questions sur l'avenir du conseil en fusions-acquisitions. Les outils d'IA, capables de traiter de grands volumes de données et de répondre instantanément, pourraient à terme réduire le recours aux équipes de banquiers pour les opérations de taille moyenne ou standardisées. Pour l'heure, CVC n'a pas communiqué sur un éventuel retour d'expérience ou sur la généralisation de cette pratique à d'autres dossiers.
Un précédent dans un secteur en pleine mutation
Le secteur du private equity est confronté à une pression croissante pour optimiser ses coûts et accélérer ses processus. L'utilisation d'un chatbot pour remplacer les banquiers sur une vente constitue un test grandeur nature des capacités de l'IA à s'intégrer dans des opérations financières complexes. Ce précédent pourrait inciter d'autres fonds à explorer des voies similaires, redessinant les contours des métiers du conseil financier.