Un pétrolier a pris feu après avoir été heurté par un projectile dans le détroit d'Ormuz, ont annoncé ce lundi les autorités maritimes britanniques. L'incident s'est produit alors que le navire se dirigeait vers le sud, quittant la voie navigable étroite au large de Limah, en Oman. L'organisme de surveillance UK Maritime Trade Operations (UKMTO), rattaché à la Royal Navy, a indiqué que l'équipage n'avait signalé ni blessé ni dégât majeur, et qu'une enquête était en cours. Le nom du pétrolier ainsi que la nature exacte du projectile n'ont pas été précisés. Aucune déclaration n'a été faite dans l'immédiat par les autorités iraniennes ou américaines.

L'attaque survient dans une zone stratégique par laquelle transite près d'un cinquième du pétrole mondial. Le détroit d'Ormuz, qui relie le golfe Persique au golfe d'Oman, est régulièrement le théâtre de tensions entre l'Iran et les puissances occidentales. Ces dernières années, plusieurs navires marchands y ont été ciblés par des drones, des mines ou des missiles, dans un contexte de tensions liées au programme nucléaire iranien et aux sanctions internationales.

Les précédents incidents dans cette région incluent l'attaque de pétroliers en 2019, imputée à l'Iran par les États-Unis et leurs alliés, ainsi que la saisie de navires battant pavillon étranger par les gardiens de la révolution iraniens. En 2021, un drone a frappé un pétrolier géré par une entreprise israélienne au large d'Oman, faisant deux morts. Plus récemment, en 2024, un navire de guerre iranien avait été endommagé dans des circonstances troubles. Chaque incident a exacerbé les craintes d'une escalade militaire dans cette artère vitale pour l'approvisionnement énergétique mondial.

Le Royaume-Uni maintient une présence navale dans la région dans le cadre de l'opération Sentinel, une mission internationale visant à protéger la liberté de navigation. L'UKMTO a appelé les navires transitant par le détroit à la plus grande vigilance. L'enquête en cours devra déterminer l'origine du projectile et les éventuelles responsabilités.

Cet événement intervient alors que les négociations sur le nucléaire iranien sont dans l'impasse et que les tensions entre Téhéran et Washington restent vives. L'administration américaine n'a pas encore réagi officiellement, mais des sources diplomatiques indiquent que la situation est suivie de près par les capitales occidentales.

Pour l'heure, le trafic maritime dans le détroit d'Ormuz n'a pas été interrompu, mais les compagnies de transport pourraient renforcer leurs mesures de sécurité. Les cours du pétrole pourraient connaître une hausse à court terme en raison de ce nouveau signal d'instabilité dans la région.