Un espoir thérapeutique majeur se dessine pour les quelque 250 millions de personnes vivant avec une hépatite B chronique dans le monde. Des chercheurs ont annoncé les résultats prometteurs d’un essai clinique portant sur un nouveau médicament antiviral, le bepirovirsen, qui pourrait offrir une guérison à une partie des malades.
Un traitement ciblant l’ARN du virus
Contrairement aux antiviraux actuels, qui se contentent de freiner la réplication du virus sans l’éliminer complètement, le bepirovirsen agit en bloquant directement l’ARN messager du virus de l’hépatite B. Cette approche dite « d’interférence ARN » vise à empêcher la production des protéines virales et à réduire la charge virale de manière durable.
L’essai de phase 2, mené sur plusieurs centaines de patients atteints d’hépatite B chronique, montre que le traitement a permis d’obtenir une « guérison fonctionnelle » — définie par l’absence détectable du virus dans le sang six mois après l’arrêt du traitement — chez environ un patient sur cinq. Ce résultat est jugé significatif par les spécialistes, car les traitements existants ne parviennent quasiment jamais à éradiquer totalement le virus.
Des effets secondaires à surveiller
Comme tout médicament en développement, le bepirovirsen n’est pas exempt d’effets indésirables. Les auteurs de l’étude rapportent des cas de réactions au point d’injection, de fatigue et de troubles hépatiques transitoires. Les patients ayant reçu le traitement ont été suivis de près, et aucun effet secondaire grave n’a été observé à ce stade. Des études de phase 3, plus vastes, sont nécessaires pour confirmer l’efficacité et la sécurité du produit à plus grande échelle.
Un besoin médical immense
L’hépatite B est une infection virale du foie qui peut devenir chronique et entraîner une cirrhose ou un cancer du foie. On estime qu’environ 5 % des adultes infectés développent une forme chronique, mais ce taux est bien plus élevé chez les enfants. Les traitements actuels — interféron et analogues nucléosidiques — permettent de contrôler la réplication virale mais ne guérissent pas l’infection. La perspective d’une cure, même partielle, représente donc une avancée majeure.
Des questions sur l’accessibilité
Si les résultats des prochaines phases confirment l’efficacité du bepirovirsen, se posera la question de son accessibilité, en particulier dans les pays à forte prévalence d’hépatite B, comme ceux d’Asie et d’Afrique subsaharienne. Le coût du traitement, qui n’est pas encore fixé, pourrait constituer un obstacle. Les experts appellent d’ores et déjà à une large diffusion du médicament, si son efficacité est confirmée, afin de réduire le fardeau mondial de la maladie.
Vers un espoir de guérison pour davantage de patients
Les chercheurs travaillent déjà à améliorer le bepirovirsen, notamment en le combinant avec d’autres molécules, pour augmenter le taux de guérison au-delà des 20 % observés. D’autres approches, comme les vaccins thérapeutiques ou les inhibiteurs de l’entrée du virus, sont également explorées. L’annonce de ces résultats ouvre une nouvelle ère dans la lutte contre l’hépatite B chronique, même si le chemin vers un traitement accessible pour tous reste long.