Le scénario de renaissance du site chimique de Vencorex est définitivement enterré. Les promoteurs du projet de reprise, baptisé Exalia, ont officialisé, ce lundi 9 juin, l'abandon de leur plan, après plus de deux ans de propositions infructueuses. Cette décision met un point final à une longue séquence d'espoirs et de déceptions pour les salariés et le territoire.
Deux années de négociations sans aboutissement
Le projet Exalia avait été présenté comme une solution viable pour reprendre et redynamiser l'usine de Vencorex, un site industriel spécialisé dans la chimie. Ses porteurs, restés discrets sur leur identité tout au long du processus, avaient multiplié les propositions et les discussions avec les parties prenantes. Pourtant, malgré un travail de longue haleine, ces efforts n'ont pas permis de surmonter les obstacles rencontrés.
Les promoteurs d'Exalia n'ont pas détaillé publiquement les raisons précises de cet échec. Les difficultés financières accumulées par le site, la complexité du marché de la chimie et l'absence d'un soutien suffisant de la part des acteurs économiques et institutionnels pourraient expliquer cette issue. L'annonce survient alors que le site est en cessation de paiement et que les espoirs de maintien de l'activité s'amenuisaient de mois en mois.
Un nouveau coup dur pour l'emploi local
Cette annonce intervient dans un contexte déjà très tendu pour les quelque 480 salariés de Vencorex, qui attendaient avec anxiété une issue favorable. Depuis la mise en redressement judiciaire de l'entreprise, plusieurs repreneurs potentiels s'étaient succédé sans succès. Le projet Exalia représentait la dernière chance crédible de sauver l'outil de production et les emplois qui y sont attachés.
Les syndicats et les élus locaux, qui militaient depuis des mois pour un sauvetage du site, ont exprimé leur déception. Le territoire, déjà fragilisé par des fermetures industrielles dans le passé, voit s'éloigner la perspective d'une relance économique dans le secteur de la chimie. La disparition de Vencorex entraînerait non seulement la perte de centaines d'emplois directs, mais aussi de nombreux emplois indirects chez les sous-traitants et les prestataires.
Quel avenir pour le site ?
Désormais, l'avenir du site de Vencorex reste incertain. Sans projet de reprise validé, le tribunal de commerce pourrait prononcer la liquidation judiciaire de l'entreprise, une issue redoutée par tous. Les actifs industriels, les terrains et les bâtiments du site pourraient alors être cédés à la découpe, ou simplement laissés à l'abandon.
Les pouvoirs publics, qui s'étaient mobilisés en faveur d'une solution de reprise, pourraient tenter de relancer un appel à projets ou d'accompagner les salariés dans le cadre d'un plan social. Mais à ce stade, aucune piste concrète n'a été évoquée pour remplacer Exalia. Les collectivités locales redoutent les conséquences sociales et économiques d'une telle fermeture.
Réactions politiques et syndicales
Plusieurs voix se sont élevées pour dénoncer l'absence de solution et appeler à une mobilisation nationale. Des élus ont interpellé le gouvernement pour qu'il mette en œuvre des mesures de soutien d'urgence, tant pour les salariés que pour le bassin d'emploi. Les syndicats, de leur côté, réclament un plan de sauvetage global pour la filière chimique française, qui subit de plein fouet la concurrence internationale et la hausse des coûts de l'énergie.
Cet abandon définitif du plan Exalia marque un tournant dans l'histoire de Vencorex, symbole des difficultés de l'industrie chimique en France. Il soulève des questions sur la capacité du pays à préserver ses sites industriels stratégiques face à la mondialisation et aux défis de la transition écologique.