Un phénomène de soutien inattendu

La demi-finale perdue d'Arthur Fery face à Alexander Zverev à Wimbledon a donné lieu à un mouvement de foule singulier : des milliers de personnes ont grimpé la colline d'Arthur's Seat, à Édimbourg, pour suivre le match en direct. Le nom du joueur, identique à celui du célèbre sommet écossais, a suscité un engouement populaire que ni le tennisman ni ses proches n'avaient anticipé.

Des images diffusées sur les réseaux sociaux montrent des grappes de spectateurs installés sur les pentes de la colline, certains munis de téléphones portables, d'autres de petites tentes, pour regarder la rencontre retransmise via des appareils mobiles. La météo clémente a favorisé ce rassemblement spontané, qui a pris des allures de fête malgré la défaite du joueur de 22 ans.

La famille au cœur de l'événement

La mère d'Arthur Fery, présente au All England Club, a confié son émotion en apprenant que des inconnus avaient entrepris l'ascension pour soutenir son fils. « Je n'en croyais pas mes oreilles quand on m'a dit que des gens escaladaient Arthur's Seat pour lui. C'est tellement touchant », a-t-elle déclaré, les larmes aux yeux. Le père du joueur, qui l'accompagne habituellement lors des tournois, a salué « une vague de solidarité incroyable » venue d'Écosse, une région où la famille n'a pourtant aucun lien particulier.

Des cousins éloignés, des amis d'enfance et même des habitants d'Édimbourg sans lien direct avec le tennis ont participé à cette démonstration de soutien. Un groupe d'étudiants de l'université locale, interrogés après le match, ont expliqué avoir « trouvé ça drôle » de voir un joueur partager le nom de leur promenade dominicale favorite.

Fery amusé et fier

Interrogé après sa défaite, Arthur Fery a réagi avec humour à cet engouement. « C'est un immense honneur que des gens fassent l'effort de venir. Je sais qu'il y a une colline qui s'appelle Arthur's Seat et je trouve ça amusant. J'ai entendu dire que des gens allaient l'escalader pour regarder. J'adore une histoire de sous-estimé », a-t-il lancé, sourire aux lèvres.

Le joueur, qui disputait sa première demi-finale en Grand Chelem, a ajouté que ce soutien l'avait porté pendant le match, même s'il n'a pu empêcher la victoire de Zverev en quatre manches. « Entendre ça m'a donné des frissons sur le court. C'est quelque chose que je n'oublierai jamais », a-t-il confié.

Un parallèle historique

Arthur's Seat, colline volcanique de 251 mètres dominant Édimbourg, tire son nom de la légende arthurienne. Le hasard fait qu'Arthur Fery, né à Londres, n'avait jamais visité ce lieu avant le tournoi. Le club de supporteurs improvisé a rapidement été surnommé « l'armée de Fery » sur les réseaux sociaux, avec des hashtags comme #ArthurArmy ou #ClimbForFery.

L'épisode rappelle d'autres engouements similaires dans l'histoire du tennis britannique, mais à une échelle plus locale. Les organisateurs de Wimbledon ont indiqué n'avoir jamais vu un tel phénomène de soutien géographique non coordonné pour un joueur.

Suite de la compétition

Alexander Zverev, tête de série, affrontera en finale le vainqueur de l'autre demi-finale. Arthur Fery, pour sa part, quitte le tournoi avec le statut de premier joueur invité à atteindre le dernier carré de Wimbledon depuis 25 ans. Son classement mondial devrait bondir, lui ouvrant la voie à des invitations directes pour les prochains tournois majeurs. Mais le souvenir de cette marée humaine sur Arthur's Seat restera sans doute comme l'un des moments les plus marquants de sa jeune carrière.