Les autorités judiciaires portugaises ont annoncé, mardi 23 juin, qu'elles refusaient de remettre à la France la mère des deux enfants retrouvés abandonnés au bord d'une route le mois dernier. Cette décision, prise par la Cour d'appel d'Evora, est qualifiée de « refus partiel » dans un communiqué du parquet régional. En effet, la cour a accepté le principe d'une remise ultérieure de la quadragénaire, Marine R., afin qu'elle puisse répondre en France des faits « qui n'ont pas été commis sur le territoire portugais ».
Le mandat d'arrêt européen émis par la France cite plusieurs chefs d'accusation à l'encontre de la mère : soustraction de mineur, soustraction aux obligations légales des parents, délaissement de mineur de moins de 15 ans, délaissement de personne hors d'état de se protéger et violences volontaires sur mineur. Les deux garçons, âgés de 4 et 5 ans, avaient été découverts le 19 mai par un automobiliste, assis en pleurs sur le bas-côté d'une route nationale reliant Alcacer do Sal à Comporta, à une centaine de kilomètres au sud de Lisbonne.
Le beau-père également concerné
Le compagnon de Marine R., un Français de 55 ans prénommé Marc B., avait fait l'objet d'une décision similaire de la part de la même cour d'appel le jeudi 18 juin. Une fois que la justice portugaise aura terminé l'ensemble des procédures ouvertes à son encontre – ce qui pourrait inclure un procès et, en cas de condamnation, l'exécution d'une peine de prison –, Marc B. pourra lui aussi être remis aux autorités françaises. Les deux suspects ont été placés en détention provisoire et mis en examen au Portugal pour des faits de « mise en danger ou abandon ». Marc B. est en outre mis en examen pour « coups et blessures aggravés » sur l'un des deux enfants.
Chronologie et contexte
Les deux enfants avaient été signalés disparus depuis le 11 mai, lorsqu'un signalement avait été émis depuis Colmar, dans l'est de la France. Leur mère et son compagnon ont été interpellés deux jours après la découverte des enfants, près de Fatima, dans le centre du Portugal. Les investigations menées de part et d'autre des Pyrénées devront déterminer les circonstances exactes de l'abandon et d'éventuels actes de violence antérieurs. Pour l'heure, la justice portugaise conserve la main sur les deux prévenus, tandis que les autorités françaises attendent l'issue des procédures en cours pour espérer les juger sur leur sol.