L’audience est attendue sous tension, lundi 6 juillet, devant le tribunal judiciaire de Nice. Deux influenceurs de la plateforme de streaming JeanPormanove comparaissent pour des faits liés à la mort en direct de l’un de leurs confrères, Raphaël Graven, survenue en 2025. Owen C., alias Naruto, et Safine H. doivent répondre de plusieurs chefs d’accusation, parmi lesquels des violences en réunion, un abus de faiblesse, la diffusion d’images de violences et une provocation à la haine en raison du handicap.

Des charges multiples et graves

Selon les éléments portés à la connaissance de la justice, les deux prévenus sont mis en cause pour des actes commis dans le cadre de leurs activités sur la chaîne JeanPormanove. La qualification de « violences en réunion » renvoie à des faits commis à plusieurs, tandis que l’abus de faiblesse vise la situation de vulnérabilité dans laquelle se trouvait la victime. Le volet « provocation à la haine en raison du handicap » ajoute une dimension sociétale particulièrement sensible à ce dossier, qui interroge sur les limites des contenus diffusés en direct et la responsabilité des créateurs de contenu.

Le frère de Raphaël Graven demande des investigations supplémentaires

Dans ce contexte, le frère de Raphaël Graven a exprimé son souhait de voir une nouvelle enquête ouverte. Il estime que certains aspects de l’affaire n’ont pas été suffisamment explorés et que la procédure actuelle ne permet pas de faire toute la lumière sur les circonstances exactes du drame. Cette demande intervient alors que le procès s’ouvre, ajoutant une pression supplémentaire sur les débats.

Deux stratégies de défense opposées

Les deux prévenus devraient adopter des lignes de défense radicalement différentes, selon des informations recueillies avant l’audience. Si les détails de leurs arguments n’ont pas été divulgués, cette divergence pourrait marquer les débats et influencer l’issue du procès. Leurs avocats respectifs n’ont pas souhaité s’exprimer avant l’ouverture de l’audience.

Un retentissement au-delà de la sphère du streaming

L’affaire JeanPormanove a dépassé le cercle des amateurs de streaming pour devenir un fait de société. La mort en direct de Raphaël Graven avait suscité une vive émotion et relancé le débat sur les dérives possibles des émissions en ligne, où la frontière entre divertissement et violence peut parfois s’effacer. Le procès est donc suivi de près par les médias, mais aussi par des associations de défense des personnes handicapées et des collectifs de lutte contre les violences en ligne.

Un procès sous le signe de l’exemplarité

Pour la justice, ce dossier représente un test important quant à la manière d’appréhender des faits survenus dans un univers numérique en pleine expansion. Les magistrats devront qualifier des actes qui mêlent violences physiques, psychologiques et diffusion de contenus choquants. La décision, attendue dans les semaines à venir, pourrait faire jurisprudence dans le traitement judiciaire des violences commises lors de diffusions en direct.

L’audience doit se tenir à huis clos pour partie, en raison de la nature sensible des images qui pourraient être examinées. Les proches de Raphaël Graven, présents à l’audience, espèrent que ce procès permettra d’établir les responsabilités et de rendre justice à la victime.