L’audience s’est déroulée sous haute vigilance, rassemblant médias et partisans sur le parvis du tribunal judiciaire de Nice. Les deux influenceurs, connus sous les pseudonymes Naruto et Safine, sont accusés d’avoir participé à des violences collectives et d’avoir diffusé des images montrant des actes brutaux. Les faits remontent à la séance de streaming au cours de laquelle Raphaël Graven, alias JeanPormanove, avait trouvé la mort en direct, provoquant une onde de choc dans la communauté des gamers.
Des charges multiples Owen C. et Safine H. sont cités pour « violences en réunion », « diffusion d’images de violences », « abus de faiblesse » et « provocation à la haine en raison du handicap ». Le parquet estime que les deux prévenus ont exploité la vulnérabilité de Raphaël Graven, qui souffrait de troubles psychiques. Selon l’accusation, ils auraient incité leur public à des moqueries et des agressions verbales, créant un climat de harcèlement qui aurait contribué au drame. Les audiences doivent déterminer leur degré de responsabilité dans les événements ayant conduit au décès.
La demande du frère de la victime Le frère de Raphaël Graven, présent à l’audience, a réclamé une nouvelle enquête. Il estime que les investigations initiales n’ont pas suffisamment exploré les responsabilités pénales au-delà des deux prévenus. Dans une déclaration transmise à la presse, il a souligné que « la chaîne JeanPormanove n’a pas été un simple décor, mais un système qui a favorisé les abus ». Il demande que la plateforme de streaming et d’autres participants soient également mis en cause, ce qui pourrait élargir le périmètre du dossier.
Des enjeux sociétaux profonds Ce procès dépasse le cadre individuel et interroge les mécanismes de violence en ligne, l’influence des streamers sur leur public et la protection des personnes vulnérables dans l’univers numérique. Plusieurs associations de défense des droits des personnes handicapées se sont constituées parties civiles, dénonçant une « instrumentalisation du handicap à des fins de divertissement ». Les avocats des parties civiles ont plaidé pour que ce jugement serve de précédent afin de réguler plus strictement les contenus diffusés en direct.
Des stratégies de défense opposées Les deux prévenus adoptent des lignes de défense divergentes. Owen C., alias Naruto, conteste fermement les faits et plaide non coupable, affirmant n’avoir joué qu’un rôle passif. Safine H., de son côté, reconnaît une partie des faits mais minimise son implication, évoquant un « contexte de groupe » et une « culture du buzz » qui aurait échappé à tout contrôle. Le tribunal devra trancher sur leur culpabilité à l’issue de plusieurs jours d’audience.
Un procès suivi de près La décision des juges est attendue avec impatience par la communauté des streamers et par les observateurs judiciaires. Au-delà des peines encourues – pouvant aller jusqu’à plusieurs années d’emprisonnement – ce verdict pourrait redéfinir les obligations légales des créateurs de contenu envers leur public et leurs collaborateurs. L’affaire JeanPormanove devient ainsi un symbole des dérives possibles d’un secteur en pleine expansion, où les frontières entre jeu, provocation et violence sont parfois floues.