La contestation contre le projet de complexe touristique de luxe lié à la famille Trump se poursuit en Albanie, avec un 24e jour de mobilisation à Tirana. Des dizaines de milliers de personnes se sont rassemblées dans la capitale albanaise pour exprimer leur opposition à ce projet hôtelier, porté par Ivanka Trump et son époux Jared Kushner.
Un projet contesté sur tous les fronts
Le projet, qui prévoit la construction d'un complexe hôtelier de luxe sur la côte albanaise, suscite une vive opposition depuis plusieurs semaines. Les manifestants dénoncent ce qu'ils considèrent comme une privatisation des côtes du pays et une menace pour l'environnement. Le mouvement, parti de Tirana, s'est étendu à d'autres villes du pays, notamment dans la région du lagon protégé de Vjosa-Narta.
Les opposants estiment que le projet, porté par des proches du président américain Donald Trump, bénéficie d'un traitement de faveur de la part des autorités albanaises. Des accusations de favoritisme et de corruption sont régulièrement formulées par les organisateurs de la mobilisation.
Une mobilisation qui s'organise
Le 24e jour de rassemblement a vu une affluence particulièrement importante, selon les organisateurs. Des dizaines de milliers de personnes ont défilé dans les rues de Tirana, brandissant des pancartes et scandant des slogans hostiles au projet. "L'Albanie n'est pas à vendre" est l'un des mots d'ordre les plus entendus.
La mobilisation, initialement portée par des associations environnementales et des collectifs citoyens, a pris une ampleur nationale. Des personnalités politiques de l'opposition se sont jointes aux rassemblements, critiquant la gestion du dossier par le gouvernement.
Un projet aux retombées économiques controversées
Les promoteurs du projet, menés par la société de Jared Kushner et Ivanka Trump, mettent en avant les retombées économiques pour la région et le pays : création d'emplois, développement touristique et investissements étrangers. Le gouvernement albanais a soutenu le projet, le présentant comme un vecteur de croissance.
Cependant, les opposants contestent ces arguments, estimant que les bénéfices économiques seront marginaux et que le coût environnemental et social est trop élevé. Ils pointent du doigt la localisation du projet dans une zone protégée, le lagon de Vjosa-Narta, un site d'une grande richesse écologique.
La pression monte sur le gouvernement
La persistance de la mobilisation met le gouvernement albanais sous pression. Les manifestants exigent l'abandon pur et simple du projet et le retrait des permis de construire accordés. Le Premier ministre Edi Rama, qui avait soutenu le projet, doit désormais faire face à une contestation qui ne faiblit pas.
Des appels au dialogue ont été lancés, mais les opposants restent fermes sur leurs positions. Le mouvement, qui a pris une dimension symbolique forte, pourrait peser sur l'agenda politique du gouvernement et sur l'image internationale du pays.
Un test pour la démocratie albanaise
Au-delà de la mobilisation contre le projet Trump, le mouvement interroge sur la place de la société civile et la transparence des décisions politiques en Albanie. Les manifestants dénoncent un manque de consultation et une prise de décision opaque, favorisant les intérêts étrangers au détriment de l'intérêt général.
Le 24e jour de mobilisation à Tirana illustre la détermination des opposants, qui ne semblent pas prêts à baisser les bras. La suite du mouvement dépendra de la réponse du gouvernement et de l'évolution du projet, mais d'ores et déjà, cette contestation marque un tournant dans le débat sur le développement touristique et la protection de l'environnement en Albanie.