Ce vendredi 10 juillet, la Cour des comptes a rendu public un nouveau rapport consacré à la pollution marine par les nitrates à l’origine des marées d’algues vertes sur les côtes bretonnes. L’institution y dresse un constat sévère : cinq ans après avoir émis une série de recommandations, l’État n’a pas réussi à les appliquer de manière significative.
« Seule une minorité des préconisations a été suivie d’effet », relève la juridiction, qui déplore le manque de résultats tangibles dans la réduction des apports d’azote agricole vers le littoral. Elle enjoint les autorités à agir « plus efficacement » pour endiguer ce phénomène récurrent, source de nuisances sanitaires et environnementales.
Le rapport s’inscrit dans le suivi des précédents travaux de la Cour sur le sujet, qui pointaient déjà la lenteur des mesures gouvernementales. La pollution aux nitrates, issue principalement des élevages intensifs et de l’épandage d’engrais, favorise la prolifération d’ulves, ces algues vertes dont la décomposition dégage des gaz toxiques, notamment du sulfure d’hydrogène.
La Cour des comptes insiste sur la nécessité de renforcer les contrôles. Elle estime que les dispositifs existants, tels que les programmes d’actions régionaux ou les zones d’action renforcée, n’ont pas permis d’inverser la tendance. L’absence de résultats, malgré des engagements répétés, est jugée préoccupante.
L’institution réitère son appel à une mobilisation accrue des services de l’État et à une meilleure coordination entre les acteurs locaux. Le rapport ne fixe pas de nouveaux objectifs chiffrés mais demande « une accélération des réformes structurelles » dans le secteur agricole breton.