L'administration américaine a intensifié de manière significative ses opérations militaires contre l'Iran cette semaine, frappant plus de 170 cibles au cours des mardi et mercredi, selon des responsables du Pentagone. Ces bombardements, qualifiés parmi les plus massifs depuis le début du conflit il y a plus de quatre mois, marquent un durcissement notable de la stratégie de Washington.
Parmi les sites visés figurent des systèmes de défense antiaérienne, des entrepôts de drones et de missiles, ainsi que des vedettes rapides militaires déployées le long de la côte sud iranienne, près du détroit d'Ormuz, une voie maritime cruciale pour le commerce pétrolier mondial. Les forces américaines ont également touché un pont ferroviaire dans le nord-est de l'Iran, à plus de 1 100 kilomètres du détroit. Des images vérifiées montrent un cratère sur le site, confirmant l'atteinte de l'infrastructure.
Le capitaine Tim Hawkins, porte-parole du Commandement central américain, a expliqué que cette attaque visait à interrompre la capacité de l'Iran à acheminer des armes, des munitions et d'autres fournitures militaires vers les zones les plus disputées du conflit. Les frappes ont tué au moins quatorze personnes et blessé soixante-dix-huit autres dans cinq provinces iraniennes, selon le ministère iranien de la Santé.
Réactions de Donald Trump et retournement diplomatique
Vendredi, le président Trump a annoncé sur les réseaux sociaux qu'il acceptait de continuer à négocier avec Téhéran, mais a précisé : « Le cessez-le-feu est TERMINÉ ! » Cette déclaration semble remettre en cause l'accord signé le mois dernier, qui prévoyait des allègements de sanctions en échange de la libre navigation dans le détroit d'Ormuz. Mercredi, lors d'un sommet de l'OTAN en Turquie, M. Trump avait indiqué ne pas s'attendre à un retour à une guerre totale, affirmant que cela « irait très vite ». Cependant, il a ajouté dans un autre message que si l'Iran attaquait à nouveau des navires, « cela deviendra bien pire ! »
Des analystes estiment que ces frappes envoient un message clair au gouvernement iranien : les infrastructures civiles iraniennes sont désormais vulnérables et, si Téhéran continue d'escalader, l'armée américaine est prête à cibler des ponts et des voies ferrées. Dana Stroul, ancienne responsable de la politique moyen-orientale au Pentagone sous l'administration Biden, a jugé que cette escalade visait à montrer que les États-Unis pouvaient frapper au-delà des zones côtières.
Riposte iranienne et critiques de l'opposition
En réaction, l'Iran a lancé des tirs contre des bases militaires américaines situées au Qatar, au Bahreïn et au Koweït. La Jordanie a affirmé avoir intercepté des projectiles iraniens. Ces échanges de tirs s'inscrivent dans une série d'attaques et de représailles qui ont débuté après que le Pentagone a accusé l'Iran d'avoir visé trois navires commerciaux, dont un pétrolier saoudien et un navire qatari transportant du gaz naturel liquéfié. Téhéran n'a pas revendiqué ces attaques.
Au Congrès, les démocrates ont vivement critiqué la gestion du conflit par l'exécutif. Le sénateur Jack Reed, membre éminent de la commission des forces armées, a déclaré que « le président Trump change d'avis tous les jours, ce qui prolonge le conflit sans plan stratégique pour y mettre fin ». Il a ajouté qu'il n'y avait jamais eu de véritable cessez-le-feu.
Perspectives
Les observateurs estiment que ces escarmouches, mêlées à des négociations intermittentes, pourraient devenir la norme, chaque camp cherchant à prendre l'avantage dans le détroit d'Ormuz. Bien que l'accord de juillet prévoyait des incitations financières importantes pour l'Iran, la réalité du terrain montre que Téhéran continue de tenter de contrôler et d'intimider les navires, remettant en cause les espoirs d'une désescalade durable.