L'armée américaine a intensifié de manière spectaculaire ses frappes contre l'Iran cette semaine, atteignant plus de 170 cibles militaires au cours des mardi et mercredi, selon des responsables du Pentagone. Cette salve, l'une des plus massives depuis le début du conflit il y a plus de quatre mois, marque un saut qualitatif dans la stratégie de Washington.
Des cibles militaires étendues jusqu'au nord-est du pays
Les frappes ont notamment visé des batteries de défense antiaérienne, des entrepôts de drones et de missiles, ainsi que des vedettes rapides militaires stationnées le long de la côte sud de l'Iran, près du détroit d'Ormuz – une voie maritime cruciale pour le commerce pétrolier devenue épicentre des affrontements récents. Mais pour la première fois, les bombardements ont également atteint un pont ferroviaire dans le nord-est du pays, à plus de 1 100 kilomètres du détroit. Une vidéo en ligne, authentifiée par des experts, montre plusieurs personnes examinant un cratère sur le site.
Un message politique adressé à Téhéran
Des analystes estiment que l'administration Trump cherche à envoyer un signal clair au gouvernement iranien : les États-Unis sont désormais prêts à élargir leur champ d'action et à cibler des infrastructures à double usage, militaire et civil. Des commandants américains en activité et retraités, ainsi que des responsables du Pentagone, ont qualifié ces raids d'« escalade nette » alors que les deux camps semblent se rapprocher d'un retour à une guerre de grande ampleur.
Trump déclare la trêve « terminée »
Vendredi, le président Donald Trump a écrit sur les réseaux sociaux qu'il acceptait de « continuer à négocier avec l'Iran », mais a ajouté : « La trêve est TERMINÉE ! » Il n'a pas précisé les prochaines mesures envisagées par son administration. Cette déclaration intervient alors que les discussions de cessez-le-feu menées ces dernières semaines semblaient déjà au point mort.
Un contraste avec les bilans précédents
Les frappes des 8 et 9 juillet avaient officiellement visé 90 cibles, selon les premières annonces américaines. Le nouveau chiffre de 170 cibles, s'il est confirmé, représenterait une multiplication par près de deux de l'ampleur des opérations en l'espace de quelques jours. Les habitants de plusieurs provinces iraniennes avaient alors décrit 48 heures de « terreur », avec des explosions continues et des déplacements massifs de population.
Contexte : un conflit entré dans sa cinquième guerre déclarée
Ces raids surviennent après plusieurs semaines d'escalade militaire autour du détroit d'Ormuz. En février, l'ancien guide suprême iranien, l'ayatollah Ali Khamenei, avait été tué lors de frappes américaines et israéliennes. Les funérailles de Khamenei se sont déroulées jeudi à Téhéran, dans une atmosphère de deuil et de colère. Les frappes américaines de cette semaine coïncident avec ces cérémonies, accentuant les tensions.
Réactions et incertitudes
Téhéran n'a pas encore officiellement commenté le dernier bilan des frappes. La République islamique avait auparavant riposté contre des bases américaines au Qatar, au Koweït et à Bahreïn, mais aucune contre-offensive de grande envergure n'a été signalée depuis les raids de mardi et mercredi. Les experts redoutent que l'escalade ne devienne incontrôlable, chaque camp durcissant sa position. Les canaux diplomatiques, bien que toujours ouverts en apparence, semblent de plus en plus fragiles.