Le procès du féminicide des Buttes-Chaumont s’est achevé par une condamnation lourde. Lakhdar M., âgé d’une quarantaine d’années, a été reconnu coupable du meurtre de son épouse Assia et de l’atteinte à l’intégrité de son corps. La cour d’assises de Paris l’a condamné à 27 années de réclusion criminelle, assorties d’une période de sûreté.

Les faits remontent à 2018. Assia, mère de deux enfants, avait disparu après avoir quitté le domicile conjugal. Son corps n’a jamais été retrouvé en intégralité : plusieurs fragments avaient été découverts par des jardiniers dans le parc des Buttes-Chaumont, un lieu prisé du nord-est de la capitale. L’autopsie avait révélé que la victime avait été étranglée avant d’être démembrée. Son mari avait ensuite dispersé les restes dans le parc.

Durant l’instruction et au début du procès, Lakhdar M. avait nié les faits, avant de finalement reconnaître avoir tué et démembré son épouse. Il avait présenté des excuses à la famille d’Assia, déclarant : « Je demande le pardon à toute la famille d’Assia. » Ces regrets ont été jugés tardifs par les parties civiles, qui ont souligné le caractère particulièrement violent et froid de l’acte.

Lors des audiences, la personnalité de l’accusé a été disséquée. D’abord décrit comme un « papa poule » par son entourage, les experts psychiatres ont brossé le portrait d’un homme au contrôle émotionnel défaillant, capable de basculer dans une violence extrême. La vie conjugale du couple, marquée par des tensions et une dégradation progressive, a été longuement examinée. Les proches d’Assia l’ont décrite comme une femme « lumineuse », étouffée par un mari possessif et jaloux.

La peine de 27 années de réclusion correspond aux réquisitions du ministère public, qui avait estimé que la préméditation n’était pas établie mais que la cruauté et le caractère odieux de la dissimulation du corps justifiaient une peine sévère. L’accusé pourra demander un aménagement de peine au terme des deux tiers de sa détention. La famille de la victime, présente à l’audience, a accueilli le verdict avec soulagement mais aussi une profonde tristesse, rappelant que rien ne ramènera Assia.